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Audrey Le Morvan veut transmettre, partager et avancer

27 septembre 2018
La pongiste bretonne, 31 ans, a connu une riche carrière internationale. Aujourd’hui, si elle continue de pratiquer, sans prétention, Audrey Le Morvan a surtout décidé de s’investir dans le mouvement handisport. Elle se définit comme une courroie de transmission.

Pongiste, athlète, entraîneur, classificatrice, membre du comité directeur de la Fédération Française handisport… Audrey Le Morvan, par ailleurs salariée de Pôle Emploi à Nantes, où elle vit depuis 2005, vit ses milles vies avec une détermination impressionnante.

Celle avec laquelle la jeune femme, victime d’une agénésie du membre supérieur gauche, a conquis le « ping » mondial. Un sport qu’elle a découvert à Louannec, le village des Côtes d’Armor où elle a grandi. « Avant j’avais essayé la gym, le foot et l’athlé. Puis en CE2, il y a eu une initiation tennis de table. J’arrivais à tenir la balle dans mon moignon et le sport m’a plu. »

Les choses sont allées ensuite assez vite pour Audrey Le Morvan, alors licenciée à Louannec en valide. Premiers pas pongiste en valide, championnat par équipe… Le tournant remonte à 1999. « Lors d’un match par équipe, Michèle Sévin, alors parmi les meilleures mondiales en handisport, est venue jouer contre notre équipe fanion. Elle m’a appris à servir, m’a beaucoup parlé…Notamment des Jeux qu’elle allait disputer en 2000 à Sydney. »

Dans la continuité de cette rencontre, elle participe à sa première compétition FFH. Un tour individuel à Rezé, en novembre 1999. La Bretonne honore sa première cape en Bleu lors de l’Euro 2003 à Zagreb. Elle terminera sa carrière internationale en 2013, par un Euro en Italie. Entretemps, elle a pris soin de remplir son armoire à médailles. Deux fois médaillée de bronze par équipe aux Jeux d’Athènes et de Pékin, elle échoue à Londres, en 2012. En revanche, elle décroche aussi l’argent en individuel aux championnats du monde 2006 à Montreux et l’argent en simple lors de l’Euro 2007, en Slovénie. « Au total, il y a eu 10 médailles internationales dont deux en simple », se réjouit-elle.

Créer du lien entre les terrains et les bureaux

En 2014, après son dernier championnat de France, le tennis de table prend une place secondaire. Parallèlement, elle découvre le badminton (six mois durant) puis l’athlé handisport. « Lorsque j’ai vu l’affiche annonçant les championnats de France handisports à Nantes, je me suis mis en tête d’y participer. » Là encore, plus pour le goût de l’effort. La Nantaise d’adoption atteint son objectif. Récemment, elle a aussi participé au triathlon de La Baule, un rendez-vous incontournable du paysage sportif en Loire-Atlantique.

Sportive émérite, Audrey Le Morvan, passée par le sports-études de Nantes (2005) et le Creps des Pays de la Loire (2008), a aussi cultivé le goût de transmettre. Entraîneur sur les stages Jeunes à Potentiel (JAP), elle a ensuite accepté de se présenter au comité directeur de la FFH. Élue il y a trois ans environ, elle entend apporter un regard du terrain aux élus. Et expliquer aux sportifs les actions de la FFH. « Quand on est sportif, on a souvent l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose… Je veux créer du lien entre les bureaux et les terrains. » Tout en continuant à entraîner.

Et puis, récemment, elle a décidé d’embrasser la carrière de classificatrice internationale en tennis de table. « C’est hyper important. Je me suis rendu compte qu’il n’y a aucun ancien sportif. Mon statut est donc apprécié. »

Son dynamisme, sa fraîcheur et son enthousiasme sont des atouts. Son investissement un exemple à suivre. Précoce dans le monde du ping handisport, elle continue de l’être au sein des différents secteurs où elle intervient. Précoce dans les aires de jeu, Audrey Le Morvan, membre du conseil des athlètes, prouve que la jeunesse n’empêche pas de s’investir dans le mouvement. // J. Soyer

 

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