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Championnats du monde: le bilan

25 juillet 2017

Championnats du monde à Londres (14-23 juillet, Angleterre)

Une nouvelle fois Londres aura marqué l’athlétisme handisport grâce à une magnifique organisation, des moyens mis en place pour satisfaire les délégations, des spectateurs venus en nombre et des performances de qualité. Et l’équipe de France dans tout cela ? Malgré un classement au bilan des nations à oublier (46e, 8 médailles, 4 argent, 4 bronze), mais ce classement révèle-t-il à lui seul la bonne santé d’un sport dans un pays… ? Les athlètes tricolores ont été au rendez-vous avec des podiums, des records personnels, des places de finalistes, des jeunes de talents. Il manque de l’or à la fin c’est clair et il faut y remédier, mais il manquait à Londres des leaders, un titre ou deux se sont joués à rien et on a le sentiment que cette équipe va monter en puissance dans les années qui viennent. Rendez-vous donc aux Championnats d’Europe de Berlin en 2018 qui serviront de préparation et de répétition générale deux ans avant les Jeux Paralympiques de Tokyo.

Que faut-il garder de ces mondiaux : la place au bilan des nations décevante ou le total des médailles finalement correct ?

Julien Héricourt : La France a manqué d’or sur ces championnats pour diverses raisons : l’absence de deux leaders (Marie-Amélie Le Fur et Nantenin Keita), les disqualifications de Timothée Adolphe sur 200m et 400m, et des places sur le podium pas très loin de la première marche. Au tableau des médailles la France se situe au-delà de la 40e Place. L’objectif cette année n’était pas de faire partie des meilleures nations mondiales mais de reconstruire un groupe, avec un bon équilibre entre les athlètes les plus expérimentés et les jeunes sélectionnés. Je retiens l’état d’esprit de l’équipe qui a été irréprochable pendant la quinzaine. Ce groupe a envie de se construire une belle histoire, un palmarès. Je ne vois que du « Bleu » à l’horizon. 

Pierre Fairbank est un leader mais il est âgé, la relève de très haut-niveau, debout et fauteuil, est-elle là ?

Notre athlétisme handisport a besoin de champions d’exception comme Pierre Fairbank pour faire émerger des vocations, des talents. Pierre est un ambassadeur de l’athlé fauteuil en France qui a la volonté de parrainer des plus jeunes. Il partage avec Nicolas Brignone, partenaire d’entraînement et de l’équipe de France, son expérience. Quand on voit que Nicolas fait trois finales mondiales on peut se dire que la relève est là. Si Pierre fait toujours partie des meilleurs mondiaux et continue de progresser, c’est qu’il travaille tous les jours très dur à l’entraînement et porte une attention toute particulière à son matériel et à son hygiène de vie. Les records et les médailles récompensent les efforts du quotidien. L’âge n’est pas un frein tant que l’envie de gagner et le plaisir de courir sont toujours là.

Les jeunes ont plutôt réussis leurs mondiaux !

Angelina Lanza et Jean-Baptiste Alaize décrochent leur première médaille mondiale en senior. Les autres jeunes ont arraché des places en finale, certains ont même battu leur record personnel. L’ambition de la FFH avec la création du Centre Fédéral dès les 1er septembre prochain à Talence est d’accompagner les jeunes vers le haut-niveau. Tout sera mis en œuvre au quotidien pour favoriser la performance. Pour progresser les jeunes ont également le besoin de se confronter à l’international avec des athlètes de classe mondiale. Avec ces Mondiaux de Londres, nos jeunes ont compris le chemin qu’ils leur restaient à parcourir. Je peux assurer qu’ils sont tous motivés à regagner une place dans cette équipe de France, et cela dès les championnats d’Europe 2018 à Berlin. On a une jeune génération talentueuse qui vous donne rendez-vous en 2020 et/ou 2024 sur les podiums.

Timothée Adolphe n’a toujours pas de médailles, le sort s’acharne ou faut-il revoir sa préparation ?

Depuis les Mondiaux de 2013 à Lyon, Timothée a connu des fortunes diverses en équipe de France avec des rires et des larmes. Il pourrait avoir un palmarès remarquable à son jeune âge si on comptabilisait les médailles envolées pour des disqualifications. Il se savait attendu aux Jeux de Rio et sur ces mondiaux car ses performances depuis deux-trois ans font partie des meilleures mondiales. À l’avenir Tim a besoin de retrouver de la sérénité à l’entraînement autour de ses guides et de son coach Arthemon Hatungimana. Avec Jeffrey Lami et Yannick Fonsat, sans oublier Gautier Simounet blessé, il dispose de trois guides avec qui il peut écrire les belles pages de son histoire. Jeffrey et Yannick manquaient d’expérience internationale en tant que guide. Ils mettront toutes leurs chances de leur côté pour faire parler le talent et ne plus laisser de place aux doutes et aux coups du sort. 

Aucune finale en T54, c’est inquiétant ?

Julien Casoli n’était pas loin de s’offrir une finale mondiale mais il y a beaucoup trop de densité au niveau international pour se faire une place. Cette catégorie de handicap est aujourd’hui dominée par le Suisse Marcel Hug. Nous accompagnerons Julien dans sa préparation pour qu’il fasse de nouveau partie des meilleurs Mondiaux. Nul doute que ces championnats serviront de nouveau point de départ. N’oublions pas sa belle médaille de bronze du 5000m T54 aux Jeux de 2012. 

Mandy François-Elie a été médaillée sur le 200m, sa 4e place sur 100m est-elle une déception ?

En finale du 100m elle fait un mauvais départ, ce qui ne lui permet pas de jouer la gagne. Repartir des mondiaux avec une belle médaille d’argent et un super chrono sur le 200m, on ne peut pas parler de déception.

Sur quels accents les trois prochaines années vont-elles porter ?

Sur la préparation des Jeux de Tokyo avec un Centre Fédéral à Talence, au service des athlètes et de la performance. Mais aussi sur la détection de nouveaux talents, la création de structures d’entraînement de référence et le développement de notre expertise pour que l’équipe de France fasse de nouveau partie des meilleures nations mondiales en 2024.

L’ambiance à Londres était chaleureuse, un mot sur l’organisation ?

Près de 400 000 billets ont été vendus sur ces championnats du monde, du jamais vu dans l’histoire de l’athlétisme handisport en dehors des Jeux Paralympiques. Les Anglais sont de vrais fans du sport. Ils viennent au stade en famille ou entre amis pour assister à un vrai spectacle sportif et admirer des athlètes d’exception. Que du plaisir à retrouver ce Stade Olympique où on a retrouvé de l’effervescence dans les tribunes. Juste un mot sur l’organisation : extraordinaire. Des installations de qualité et des bénévoles nombreux et disponibles. Une place des héros avec remise des médailles ou les athlètes ont pu rencontrer leur public. Les médailles en dehors du stade ont permis de dynamiser la compétition. Belle initiative ! Il va être difficile pour le prochain pays organisateur d’être à la hauteur ! // R. Goude

© F. Pervillé

Tous les résultats : paralympic.org/london-2017

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