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Elodie Lorandi: Construire mon après-carrière

20 avril 2017
La nageuse, double médaillée de bronze aux Jeux paralympiques de Rio, était la marraine des journées de détection du Centre Fédéral Handisport qui se sont tenues au Creps de Talence du 14 au 16 avril. L’occasion pour elle d’évoquer son actualité. Entretien.
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Que représente pour vous le fait d’être marraine de ces journées de détection ? 

Je suis fière que le Team EDF ait décidé de me faire confiance pour ce rôle. C’est une première pour moi. L’objectif est de partager mon aventure de sportive de haut niveau et de multiple médaillée paralympique avec les jeunes du Centre Fédéral et de ceux qui souhaitent y entrer. Leur transmettre certaines valeurs comme la combativité, la volonté de vaincre pour atteindre leurs objectifs Leur démontrer que si l’on veut on peut. Je vais leur faire part de mon expérience en pôle puisque j’y suis à Antibes, où je m’entraîne. Je suis davantage dans l’échange avec ces jeunes sur la vie en général du sportif de haut niveau. Leur rappeler aussi combien ces aventures sont magnifiques à vivre. Je discute aussi avec les parents pour les rassurer si besoin, leur expliquer aussi combien cela peut être favorable pour leurs enfants.

Êtes-vous favorable à l’idée, comme cela va être le cas, de regrouper les disciplines handisport sur un même site (athlé et natation vont rejoindre le basket-ball à Talence) ?

Je trouve ça très bien car il y a ce qu’il faut en matière de structures ici. L’encadrement aussi s’est bien implanté ici puisque Sami El Gueddari sera notamment sur place ou presque. Pierrick Giraudeau, DTN en charge du haut-niveau, a une vision approfondie du Pôle et de son organisation. C’est également une image forte pour le Creps qui accueille aussi de nombreux valides (actuellement, il y 320 pensionnaires au quotidien dont une douzaine de sportifs en situation de handicap). Cela va encore décupler l’énergie de chacun. Il va y avoir une nouvelle dynamique et des échanges constructifs entre les sportifs peu importent leur discipline. Il va y avoir encore plus la notion de haut niveau, de préparation de champions en devenir. Il fallait que cette page s’ouvre. Le fait de vivre en permanence avec différents sportifs va leur permettre d’être habitués lorsqu’ils se retrouveront dans de telles circonstances lors de grandes épreuves.

A titre personnel, où en êtes-vous dans la préparation des championnats de France qualificatifs pour les championnats du monde ?

J’ai bien digéré les Jeux. Je suis contente du travail et des performances accomplies même si ce ne sont que deux médailles de bronze, je peux en être fière. Maintenant, mon but est de m’entraîner en prenant un maximum de plaisir pour essayer de finir sur une belle touche aux championnats du monde. Je pense en effet que c’est ma dernière saison. Elle est pour moi. C’est la cerise sur le gâteau.

Quels seront vos objectifs aux France et aux Mondiaux ?      

C’est de me qualifier sur plusieurs courses même si ma priorité est le 100m. J’ai déjà fait les temps en N2. Les temps sont costauds. Après les Jeux, on ne s’y attendait pas et cela nous a un peu énervés. Mais je pense que c’est une belle manière de nous booster. En tout cas, cela a eu ce mérite pour moi !

Et le 400 ?

Il n’y en aura peut-être pas. Il y a une forme de saturation. Mais je ne suis pas encore décidée définitivement à ce sujet. Mais j’aimerais vraiment rester sur de beaux souvenirs sur cette distance très dure mentalement. Rester sur cette médaille de bronze arrachée au mental à Rio me va bien. Il n’y a pas plus belle image surtout sur des nages aussi importantes pour moi.

Depuis les Jeux qu’avez-vous fait évoluer à l’entraînement ?

Je bosse un peu le mental et la concentration car sur le 100 m des Jeux, je n’ai pas réussi à me concentrer comme je l’espérais. Mais sinon, je prépare aussi mon avenir. J’ai commencé à construire ce qui va se passer après ma carrière de haut niveau. Je suis salariée au Ministère de la Défense qui me détache encore à 100 %. Je suis civile de la défense. J’aimerais rester avec ce ministère afin de choisir une voie en lien avec la santé. Progressivement, je fais le deuil de ma fin de carrière. C’est bien de le faire ainsi pour que la fin ne soit pas brutale. Cette approche me permet d’être plus sereine. // J. Soyer

 

 

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