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Messager : « De beaux Jeux, de bons résultats »

22 septembre 2016
Le directeur sportif du tennis de table revient, pour la FFH, sur ces Jeux de Rio qu’il juge réussis. Ses derniers dans ce rôle.

Il est l’un des derniers à avoir quitté le Maracaña lors de la cérémonie de clôture.

En effet, il prenait régulièrement son temps pour quitter les sites de compétition, voulant profiter pleinement de ces Jeux de Rio, qui seront ses derniers en qualité de directeur sportif. « Je voulais donner une notion spéciale à ces moments vécus avec un staff en or. Depuis huit ans, que je suis à la tête du « ping » handisport, nous avons partagé des moments inoubliables », glisse Sébastien Messager.

Le futur ex DS du tennis de table appréciait aussi d’avoir réussi à mettre en place une vraie réflexion sur la performance. « Un projet de longue haleine qui a soudé les cadres. »

À Rio, le séjour a été embelli par les résultats. « Ils ont été satisfaisants, voire bons. Nous avons renoué avec l’or grâce aux deux titres en classe 2 de Fabien Lamirault en simple et par équipe (avec Stéphane Molliens et Jean-François Ducay). Évidemment avec cinq médailles (2 or, 1 argent et 2 bronze), les Bleus sont dans les clous. Mais des petites pointes de déception apparaissent ici ou là. « On aurait aimé voir Jean-François Ducay, médaillé d’argent à Londres, remonter sur le podium. Mais il a payé cash sa défaite surprise en poule. Idem pour Matéo Bohéas, par ailleurs excellent. Maxime Thomas, lui, n’a pas commis de contre, mais on le savait capable d’aller chercher mieux que le bronze. »  

Au rang des satisfactions, il y a le niveau de jeu de Matéo Bohéas, en classe 10. « Pour ses premiers Jeux, il a tenu le niveau et livré de supers simples, reprend le DS. De même, j’ai apprécié le niveau de Stéphane Messi et de Stéphane Molliens. Quatrième, ce dernier aurait mérité le bronze tant il a bien joué ces deux dernières saisons. » Globalement, les Français étaient au rendez-vous et seuls ceux qui ont été surpris en phase de poule ont connu des désillusions. Preuve que le relâchement ou l’excès de confiance sont à bannir. « Nos résultats démontrent aussi l’intérêt d’être parti avec une équipe restreinte. Cela nous a permis d’attacher l’importance indispensable aux sportifs avant, pendant et après leurs matches. »

Une formule différente

Outre l’aspect sportif, Sébastien Messager a salué l’organisation de l’épreuve de tennis de table. « Les conditions de jeu étaient parfaites. Il a fallu néanmoins s’adapter à une formule un peu différente puisque généralement, nous n’avions pas de pause entre 12h et 16h comme ce fut parfois le cas. Aussi, il a fallu maintenir tout le monde sous pression alors qu’il y avait une journée blanche pour certaines classes de handicap entre les demi-finales et les finales 1-2 ou 3-4. Cela aurait pu nuire à la performance. Mais ce ne fut pas le cas. »

En revanche, ces breaks ont permis aux pongistes de voir les autres sportifs français évoluer. De les soutenir et de partager avec eux de grands moments de sport. « Cela n’était pas possible lors des Jeux précédents car nous jouions tous les jours. » Ils ont ainsi bénéficié d’un vrai retour. « Je garderai en mémoire la finale des Classe 2 par équipe jouée devant de nombreux sportifs français. Il n’y avait pas que les pongistes. Il y avait une vraie symbiose entre le public, ces sportifs et les joueurs. »

Cette année, le clan France s’est donc montré très solidaire et uni. D’un sport à l’autre, d’une victoire à l’autre et d’une déception à l’autre. La mise en place dans un village jugé « correct mais sans plus » (Messager), d’un vrai « club France », avec une salle de vie commune et un espace confortable pour le staff médical, a permis de créer une unité de groupe au sein des Bleus.

Des Bleus qui vont devoir surfer sur la médiatisation pour continuer de grandir. « Nous devons être dans la continuité de ce qui a été fait, explique Sébastien Messager, amené à prendre un autre rôle, toujours au sein du mouvement handisport. Il faut ainsi poursuivre la formation de cadres. Cela s’avère indispensable. Nous en avons formé 150 depuis trois ans. C’est important car il faut être en mesure d’accueillir dignement et avec un vrai projet sportif les jeunes qui sont demandeurs. Sinon, ils iront devant l’ordinateur. » Car aujourd’hui, les demandes vont affluer. L’enjeu sera donc d’apporter une réponse cohérente et motivante aux familles et aux enfants en situation de handicap pour les inciter à rejoindre les clubs de la FFH. // J.Soyer

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