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Michaël Jeremiasz : « Une belle reconnaissance »

20 juillet 2016
Le tennisman handisport, quatre médailles aux Jeux dont une en or, sera le porte-drapeau de l’équipe de France Paralympique à Rio (7-18 septembre). Au Brésil, les Bleus seront 126 sportifs et la France sera représentée dans 17 des 23 disciplines.

Le secret a été gardé jusqu’au bout. Le Comité Paralympique et Sportif  Français avait choisi le magnifique cadre de la Grande Halle de la Villette, à Paris, pour organiser, hier, sa cérémonie du J-50 et annoncer le nom du porte-drapeau de la délégation de l’équipe de France Paralympique. Un effort apprécié à sa juste valeur par la double centaine de personnes présente parmi lesquelles se trouvaient des élus comme Patrick Kanner et Thierry Braillard, respectivement ministre de Ville de la Jeunesse et des Sports et secrétaire d’État aux Sports, des sélectionnés, comme le benjamin de la troupe, Théo Curin (natation) et des partenaires.

Le choix des caciques s’est porté sur le tennisman Michaël Jeremiasz, papa d’un petit Mylo depuis le début du printemps. Comme quoi, un bonheur n’arrive jamais seul. Une surprise ? Pas tant que cela quand on voit l’aisance du sportif à répondre aux différents médias qui le sollicitent pour recueillir ses premières impressions « il faut répondre à qui, est-ce que je prends le micro ? » demande le sportif aux journalistes d’Handisport TV, visiblement rompu à l’exercice. À 34 ans, ce Parisien pure souche, paraplégique depuis un accident de ski survenu en février 2000, va disputer ses quatrièmes Jeux, au Brésil. « J’espère y ramener une cinquième médaille », lâche le quadruple médaillé paralympique (une en or en double, trois en bronze dont une en individuel). Sa moisson a commencé à Athènes, en 2004. Là-bas, il y a vécu son plus grand souvenir. « Avant d’entrer sur le terrain pour la cérémonie d’ouverture, nous chantions avec les 150 Français : Ce soir on vous met le feu ! C’était énorme et quelle sensation quand on est entré et que l’on a vu ces 80 000 personnes venues pour nous voir… »

Son vécu a été un atout. « On voulait un athlète ayant déjà gagné une médaille d’or et ayant une solide expérience des Jeux, développe Emmanuelle Assmann, présidente du CPSF. Un sportif capable de soutenir et d’accompagner notre équipe vers la meilleure performance. Et choisir quelqu’un que l’on ne mettra pas en difficulté sur la chance de médaille d’or immanquable. » Le poids de l’histoire récente a pesé puisqu’en Angleterre, Damien Seguin, très investi dans son rôle, avait échoué à la quatrième place du 2.4 alors qu’il était favori.

Des projets ambitieux pour la suite

L’heureux élu, lui, ne croit pas en la malédiction qui a frappé son prédécesseur. « J’ai connu beaucoup de grands moments et de belles victoires. J’ai quasiment tout gagné alors tout ce qui arrive désormais est du plus. Être porte-drapeau est une expérience exceptionnelle à vivre en tant que sportif de haut niveau et homme. »

Gérard Masson, le président de la Fédération Française Handisport, voyait en Michaël Jeremiasz, un sportif qui faisait « l’unanimité auprès des autres ».

Dynamique, investi dans le monde professionnel et associatif pour accompagner les personnes en situation de handicap, Michaël Jeremiasz a su tirer profit de son exceptionnelle carrière pour se diversifier. Militant pour aider « l’une des minorités les plus discriminées en France », selon lui, Michaël Jeremiasz aime partager. « Je suis un égocentrique altruiste, dit-il. J’aime ce jeu, débattre dans les médias, être au centre, mais je ne le fais pas pour le tennis ou pour moi. Je le fais pour défendre les intérêts généraux qui me tiennent à cœur. »

« Il sait fédérer », ajoute Emmanuelle Assmann. Le champion paralympique du double à Pékin avoue avoir reçu « une bonne claque » en apprenant qu’il serait le premier à entrer sur le stade olympique lors de la cérémonie d’ouverture le 7 septembre à Rio. « C’est une très belle reconnaissance. Je suis extrêmement fier d’être l’ambassadeur de tous ces champions qui aspirent à davantage de considération, de médiatisation, d’engagement du public et des pouvoirs publics. C’est aussi cela que j’entends défendre. » On l’a compris, Michaël Jeremiasz, candidat pour intégrer la commission des athlètes à l’IPC après les jeux, entend bien assumer sa mission sur tous les terrains. // J. Soyer

Michaël Jeremiasz en bref. Né le 15 octobre 1981 à Paris. Médaillé d’or en double avec Houdet en 2008 aux Jeux de Pékin. Médaillé de bronze en simple à Athènes en 2004 et d’argent en double avec Majdi. Médaillé de bronze en double avec Houdet à Londres en 2012. Vainqueur de l’Open d’Australie en simple. Il totalise dix titres du Grand Chelem en double. Numéro un mondial en 2005, il est encore dans le top 5 cette année. Cofondateur de Handiamo, une entreprise sociale et de Comme les autres une association qui aide à la reconstruction des personnes accidentées de la vie. Passionné et grand amateur de ski, il a également été consultant pour France TV lors des Jeux d’hiver de Sotchi.   

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