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Mondiaux : Bilan des 3 premiers jours de régate

30 novembre 2015
Championnats du monde, Australie (28 nov-5 dec.)

Jour 1 : bons débuts de Damien Seguin

Les championnats du monde de voile handisport ont débuté samedi en Australie à Melbourne. Damien Seguin, 6e et 1er des manches 1 et 2 a bien démarré en 2.4. Ce fut plus compliqué pour Kévin Cantin, 22e et 13e, dans la même série. Le Sonar français, lui, a pris la 7e puis la 6e place samedi.

En 2.4, deux Français sont en lice parmi une flotte de plus de 50 bateaux. « Il y a de nombreux nouveaux pays, explique Damien Seguin, le chef de file tricolore. La densité est un peu perturbante, notamment au départ. L’arrivée de skippers moins expérimentés, qui maîtrisent moins bien leur bateau et les règlements peut engendrer des erreurs, voire des disqualifications. »

Lors de la première manche, disputée par petit temps, il a d’ailleurs fallu attendre le troisième départ pour entamer vraiment la compétition. « Dans ces cas-là, il faut faire attention à ne pas faire d’OCS. C’est-à-dire de départ prématuré synonyme de disqualification sur la manche », développe celui qui fut porte-drapeau de la délégation française à Londres.

Finalement, après une première manche « moyenne, mais pas catastrophique », terminée en sixième position, Damien Seguin a confirmé les bonnes dispositions vues la veille lors de sa victoire sur la manche d’entraînement. Le Français a en effet profité d’un vent médium pour faire la course en tête de A à Z. « C’est bien de gagner rapidement », se réjouit celui qui pointe donc à l’issue de cette première journée de course à la troisième place du général. Dimanche, le temps devrait être similaire, soit un début de journée assez calme et un vent plus fort ensuite.

Le sonar tricolore de Bruno Jourdren, Eric Flageul et Nicolas Vimont-Vicary a connu un début d’épreuve plus mitigé. Les Bleus ont en effet terminé 7e et 6e des deux régates initiales. « Nous avons connu quelques petits problèmes de réglages, explique Eric Flageul. Rien de grave. L’an passé, lorsque nous avions été champions du monde, nous avions été disqualifiés sur l’une des deux premières manches. Ce n’est que le début. On va se remettre dedans dès dimanche. »

Il le faudra car les Australiens, qui s’affirment comme les concurrents les plus sérieux de Français, champions du monde 2013 et 2014,ont remporté les deux premières manches. « En 2014, les Anglais avaient commencé de la même manière, mais nous avions quand même gagné », rassure encore Eric Flageul.

Jour 2 : Seguin à l’affût, le sonar et Cantin se relancent

A l’issue de la deuxième journée, Damien Seguin, sur 2.4, a grappillé une place au général et pointe au 2e rang. Le Sonar, lui, monte sur le podium du général provisoire. Kévin Cantin est enfin entré dans son mondial.

La deuxième journée des championnats du monde disputés à Melbourne, a apporté son lot d’émotions au clan français dimanche.

En 2.4, Damien Seguin a connu une journée asse similaire à celle de la veille. Avec des conditions également très proches. Comme samedi, le Français a remporté la deuxième manche, après avoir décroché la cinquième place de la première. « Les 2.4 naviguent dans une petite anse de la baie. Par petit temps, comme ce fut le cas lors des premières régates de ces deux jours, il est plus compliqué de bien calculer le vent et de savoir à quel moment attaquer », développe Jean-Jacques Dubois, le directeur sportif de la vole paralympique française.

La deuxième régate du jour s’est révélée plus simple à approcher grâce à un vent plus intense. Comme la veille, Damien Seguin s’est imposé après avoir fait toute la course en tête.

Après quatre manches, Damien Seguin gagne une place et conforte sa position sur le podium. Il est deuxième à trois points de l’Allemand Kroeger. « Il construit son championnat comme il en a envie », résume JJ Dubois.

Le sélectionneur français est également satisfait de la bonne réaction de Kévin Cantin, 7e et 5e des deux manches du dimanche. « Il a pris deux très bons départs. Lors de la première manche, il est même en tête au premier près, détaille encore le DS de la voile tricolore. Malheureusement, il a commis un petit écart qui lui a fait perdre de précieuses places. Mais la vitesse est là. »

Première victoire pour le sonar

La première manche de dimanche peut aussi laisser des regrets au sonar tricolore. La bande de Bruno Jourdren la termine à la sixième position alors qu’à deux-cents mètres de l’arrivée le trio français était quatrième. « Ils naviguent sur une autre partie de la baie, où le secret de la réussite semble être de passer par les extérieurs, explique Jean-Jacques Dubois. Les Bleus l’ont bien fait au début. Ils étaient à la lutte avec les Norvégiens mais ils n’ont pas maintenu cette stratégie tout au long de cette manche. Ils sont donc passés à la quatrième place avant de commettre une nouvelle erreur juste avant l’arrivée. Ils étaient certes talonnés par les Canadiens mais ces derniers ne semblaient pas pouvoir les rejoindre. » L’équipage l’a cru et a fait un choix tactique qui lui a coûté deux places.

Après ce coup au moral, il fallait se remettre dans le bain. Mission accomplie puisque le sonar français a enlevé la deuxième régate de la journée. Sa première sur l’épreuve. Une performance qui leur permet de monter sur le podium, à deux points des Anglais mais à quatorze des Australiens, qui survolent les débats.  

Jour 3: Seguin prend le pouvoir, le sonar cède du terrain

La troisième journée de course a largement souri à Damien Seguin qui remporte les deux manches du jour et s’installe sur la première place du classement général provisoire en 2.4. Kévin Cantin, lui, recule d’un cran, 12e. Le Sonar demeure troisième mais cède du terrain sur les deux premiers.

 

Changement de décor, du moins de conditions, lundi à Melbourne (Australie), où se disputent jusqu’à jeudi, les championnats du Monde de voile handisport. « Nous avons une brise venue du Nord avec des oscillations variant entre 300 et 360 degrés, explique Jean-Jacques Dubois, le directeur sportif des Bleus. Les prévisions ont donc été vérifiées et logiquement nous devrions avoir ce même vent mardi et mercredi. » Mardi toutefois, les organisateurs ont avancé l’heure du premier départ de deux heures (11 h au lieu de 13 h) en raison du vent annoncé plus tôt dans la journée.

Mais revenons à cette journée de lundi où Damien Seguin a pris une vraie option sur le titre mondial 2.4. En remportant les deux manches, dans des conditions très instables, le Tricolore a confirmé sa capacité à bien sentir les coups et à maîtriser le temps plus intense. Outre sa prise de pouvoir, Damien Seguin s’est aussi offert le luxe de creuser un écart intéressant sur ses concurrents et notamment l’Allemand Kroeger, en tête au matin de cette journée. 4e et 8e des deux régates, Kroeger a laissé filer le Français. Avec quatre victoires en six manches, Damien Seguin est confortablement assis sur la première marche de la boîte.

Dans la même série, Kévin Cantin a d’abord éprouvé des difficultés, 20e, avant de signer une belle deuxième manche, où il se classe 9e. « Il a très bien réagi, se félicite Jean-Jacques Dubois. Pendant un long moment de la course, il figurait dans le top 5 mais un petit retard dans les manœuvres lui a coûté cher. »

Malgré cette belle deuxième régate, Kévin Cantin perd une place au général. Après six manches, il pointe au 12e rang.

Après le show, l’effroi pour le sonar

Décidément, le sonar français n’arrive pas à enchaîner deux belles places sur un même jour. Cette fois, les Bleus de Bruno Jourdren avaient très bien démarré la journée en prenant la deuxième place de manche initiale de ce lundi. En tête au début de la course, ils n’ont rien pu faire contre le bateau australien vraiment très rapide et à l’aise sur son plan d’eau. « Il n’y a cependant rien à dire sur cette course. Bruno a fait ce qu’il fallait mais les Australiens confirment qu’ils seront de sérieux clients à Rio », commente Jean-Jacques Dubois.

Mais le pire était à venir. Lors de la seconde manche, le trio français, Bruno Jourdren, Eric Flageul et Nicolas Vimont-Vicary, par un vent approchant les 30 nœuds, ont fait un départ prématuré, les obligeant à réparer et partir en dernière position. Ils remontent mais ne terminent qu’à la huitième place. Après six manches, les Français sont toujours troisièmes mais loin très loin des Australiens et un peu moins loin des Anglais, deuxièmes.   // J. Soyer

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