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On ne lâche rien !

31 octobre 2017
Du 23 au 27 octobre s’est déroulé le stage national Jeunes à Potentiel 2017, accompagné de certains collectifs espoirs, sur le CREPS de Bourges. Près de 110 jeunes de 10 à 16 ans, encadrés par plus de 30 personnes, se sont retrouvés pendant quatre jours pour s’entraîner, écouter, progresser et peut-être, pour certains d’entre-eux, se prendre à rêver d’un destin plus grand.

Pas question dans cet article de vous expliquer précisément comment les jeunes ont été sélectionnés pour participer à cette semaine de stage, comment seront-ils suivis ensuite, qu’ont-ils accomplis au cours de leurs entraînements ? D’autres articles sur ce site, très bien faits, donneront ces informations. L’idée est plutôt de faire partager les sensations sportives, humaines qui se sont mélangés au cours de ces quatre jours.

Tout d’abord le chef d’orchestre Sami El Gueddari, directeur du JAP, qui interpelle par sa taille, sa voix, son charisme. Pas besoin de répéter deux fois, tout le monde l’écoute, enfants et adultes, quand il parle lors des briefings et autres causeries. Le planning quotidien est riche et serré, tout doit être fluide. Il est l’organisateur et le facilitateur. Il sait aussi montrer l’exemple et chausser les baskets lors d’un cinq contre cinq improvisé autour d’une balle orange. Référents régionaux, entraîneurs, directeurs sportifs sont conviés sur le parquet à en découdre par paniers de deux points. S’ensuivra le verre de l’amitié où c’est le moment d’échanger, de libérer la parole, de se détendre. Les staffs sont fourbus mais le sourire aux lèvres.

Et les enfants dans tout cela ? Sept entraînements sur quatre jours, des visionnages de documentaires, des tests de motricité, des horaires carrés. Tout cela ? Mais oui, ils ne sont pas en sucre les gamins. Ils en redemandent même, ils ne sont pas là pour rien ! Que ce soit sur le vélodrome, autour de la table de ping, sur le parquet de boccia, la piste d’athlétisme, sous les paniers de basket fauteuil, dans les lignes d’eau de la piscine. Ils se dépensent, veulent montrer qu’ils sont légitimes ici, voudraient bien revenir l’année prochaine pour se refaire des bons souvenirs, se disent qu’en continuant ainsi Paris 2024 se fera peut-être sur le terrain et pas en tribunes. On verra bien tout cela, en attendant on s’accroche sur ces quatre jours, on va essayer de continuer ainsi dans les mois qui viennent. Le reste…

Le reste, c’est ce joyeux mélange à la cantoche où l’appartenance à un sport n’existe plus. Habillé fièrement de la veste JAP 2017, on se chambre à table, on porte le plateau d’un copain, on prend un deuxième dessert pas vu pas pris, on se dit que l’on se retrouve au baby-foot. On est bien quoi.

Et puis la fin du stage forcément un mélancolique. Quelques numéros de téléphone échangés, des photos de groupe, et des « merci », « super », « un peu fatigué mais quelle ambiance », « on va rien lâcher », à l’adresse des staffs cernés sous les yeux mais encore la forme pour ramener tout ce petit monde à la maison aux quatre coins de France.

Voilà, le quotidien a repris son cours. D’autres stages JAP viendront mais un stage JAP 2017 il n’y en aura qu’un seul. Chacun l’a vécu à sa manière, c’est sûr, mais que chacun en ai gardé un truc personnel intense, c’est sûr aussi. 

Quatre questions à Sami El Gueddari, directeur du JAP 2017

Un bilan de ce stage JAP 2017 ?

C’est la septième année, on évolue par rapport aux premières éditions. Les comités régionaux sont présents en nombre, ils s’approprient davantage cet événement. Par les stages régionaux de détection, ils communiquent déjà la notion d’entraînement aux jeunes ce qui a permis aux entraîneurs de ce JAP national de ne pas partir de rien avec ce public. On est satisfait de ce qu’on a vu mais dans une carrière, le Jap n’est qu’une étape. Il faut travailler, on n’est pas retard mais il ne faut pas perdre de temps pour former au haut-niveau régional, national, international et donner un cadre à ces jeunes s’ils veulent continuer à pratiquer voire prétendre à plus.

Qu’est qu’un enfant doit ramener d’un stage Jap ?

Il doit d’abord ramener l’idée d’être un acteur de sa pratique sportive et non plus un consommateur. Il doit savoir ce qu’il fait et comprendre ce qu’il fait, devenir un sportif intelligent. Ensuite, être au contact des collectifs espoirs doit leur donner envie de les intégrer. Pour cela, ils doivent s’interroger sur ce qu’il faut faire pour en faire partie. Enfin, ils doivent prendre conscience que sans travail rien n’arrivera. Malgré l’envie, le talent, il faut s’entraîner, s’entraîner, s’entraîner. Le JAP vend de l’entraînement. 

Une organisation cadrée mais avec pas mal d’espaces de liberté, c’est aussi l’originalité de ce JAP.

C’est important car c’est un triple projet sportif, social et scolaire. Ces jeunes en situation de handicap doivent faire preuve d’une certaine autonomie. On cadre bien les choses dans un planning riche, à eux de se l’approprier pour le respecter, de faire une démarche de sportif. On ne va pas être derrière eux tout le temps pour leur dire quoi faire. On leur laisse de la liberté aussi pour qu’ils acquièrent  cette autonomie du quotidien. Encore une fois, on les rend acteurs de leur stage.

Un champion paralymique 2024 a peut-être participé au Jap 2017 ?

Peut-être, mais j’espère surtout que sur les 77 Jap et 32 espoirs présent cette année, on accompagnera 80% d’entre-eux vers un haut-niveau d’exigence pour qu’ensuite quelques pépites, au prix d’un gros travail, d’une culture de l’entraînement, accèdent au sommet. // Renaud Goude

© G. Picout

Toutes les photos du JAP 2017

 

JEUNES / Stage JAP, Bourges 2017

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