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Placer la barre haut !

28 avril 2017
Oubliez les clichés de la gonflette, du biscotto sur les plages, l’haltérophilie est un sport pointu et démocratique qui mérite d’être découvert. En plus, quand on commence il paraît que l’on ne peut plus s’en passer.

Le sport est une affaire de passion et l’haltérophilie n’échappe pas à la règle. Une image pas très glamour, des affaires de dopage chez les valides, une discipline peu médiatisée en France, n’empêchent pas Barbara Meyer, la directrice sportive de l’haltérophilie en France, d’être dans sa « famille » depuis la fin des années 80 en tant qu’athlète puis dirigeante, comme bon nombre de cadres, d’entraîneurs ou de bénévoles.

Alors que le critérium national s’est déroulé le 22 avril, avec cinq records de France battus, et que se profilent les championnats de France IPC le 24 juin prochain, la Nordiste évoque tous les bienfaits de son sport : « Si on met de côté la compétition, le fait de soulever toutes ces charges procure un bien-être indéniable car on sent ses muscles travailler. Pour une personne en situation de handicap, sentir son corps est très important sur le plan moral. Et au fur et à mesure que l’on travaille, on se sent de plus en plus fort, on assume mieux ce qu’on est. Ce n’est pas soulever de la fonte pour soulever de la fonte, ça va bien plus loin ».

Si le geste de base paraît assez simple au départ, allongé sur le dos sur un banc de musculation, l’haltérophile doit soulever une barre chargée de plaques aux deux bouts en tendant les bras en même temps et en tenant la position quelques secondes, ce sport demande une condition physique, une concentration et une énergie impressionnante. Ouverts à bon nombre de handicaps, et même aux valides qui le désirent en loisirs, l’haltérophilie demande beaucoup d’entraînements et de maturité pour appréhender tous les détails qui font la différence au haut-niveau.

Sur le plan international d’ailleurs, la France est présente au beau milieu de l’Iran, le Nigéria, ou l’Egypte, grâce notamment à Souad Ghazouani championne paralaympique en 2012 et médaille d’argent en 2016 à Rio. « Souad veut aller à Tokyo pour récupérer son titre, précise Barbara Meyer, c’est notre fer de lance. Avec 65 licenciés et une quarantaine qui participe aux Championnats de France, notre réservoir n’est pas très grand et la détection n’est pas simple. Mais en développant les compétitions régionales, nous devrions pouvoir élargir notre public ».

Pas simple de plaire et de convaincre des bienfaits de ce sport, « et pourtant de la musculation et de la condition physique il en faut pour tous les sports » lance Barbara Meyer, mais l’haltérophilie reste une discipline qui continue d’exister avec ses moyens, ses passionnés, ses médailles. Pas question de se relâcher tant que la barre ne sera pas au plus haut ! // R. Goude

© A. Veillon

Plus d’infos sur le site de la commission haltérophilie handisport: halterophilie-handisport.fr

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