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Quand les Français se mettent à l’heure allemande

16 avril 2018
Trois joueurs de l’équipe de France fauteuil sont allés à Düsseldorf, dans l’un des temples du tennis de table outre-rhin, pour un stage en commun avec la sélection nationale allemande. Une première qui en appelle d’autres.

Émerveillés. Fabien Lamirault, Nicolas Savant-Aira, Alexandre Delarque et l’entraîneur national Grégory Rosec en ont pris plein les yeux durant les quatre jours de stage, en Allemagne, à Düsseldorf. « Nous nous sommes entraînés dans le complexe du Borussia Düsseldorf, le club de Timo Boll, l’un des top joueurs mondial en valide, se réjouit Grégory Rosec. Nous l’avons vu s’entraîner et même jouer la demi-finale retour du championnat allemand, contre Ochsenhausen, le club de Simon Gauzy (n° 8 mondial et chef de file du ping français). Avec, à l’arrivée, une qualification de Düsseldorf au set-average. »

Ce premier stage, organisé du 6 au 10 avril inclus, s’inscrit dans le cadre d’un échange entre les deux pays. Cinq internationaux allemands en fauteuil viendront à Montrodat (Lozère) en juillet pour le match retour. « J’avais envie de mettre en place de tels échanges avec des pays étrangers, reconnaît Stéphane Lelong, le directeur sportif du tennis de table. Mon projet a été facilité par l’approche des Allemands, lors du dernier championnat d’Europe. Ils ont l’ambition de mettre en place des stages européens afin de bien préparer les Jeux de Tokyo 2020 et de lutter contre l’émergence des Asiatiques. Dans un premier temps, nous avons donc élaboré cet échange franco-allemand. » Un rapprochement facilité par la présence de l’entraîneur français, Eric Duduc, dans le camp outre-rhin.  

Trois séances par jour

Si Maxime Thomas, dont le deuxième enfant est né récemment, n’a pas pu se rendre à Düsseldorf, trois autres figures du ping français en fauteuil ont saisi l’opportunité. « Nous ne pouvions pas emmener tout le monde, prolonge Stéphane Lelong. Nous avons tenu compte de l’adversité des Allemands pour proposer ce stage aux joueurs qui répondaient le mieux en termes de classe de handicap et de niveau. »

Dans ce complexe regroupant quatre salles spécifiques de tennis de table, il n’y a pas de place pour le hasard. Ni la dispersion. « Tout est concentré. Au bout du couloir où nous avions nos chambres, il y a une entrée pour le self, d’un côté et une autre pour la salle, à l’opposé, poursuit en bon guide l’entraîneur national. Cela permet d’organiser les séances différemment et favorise une recherche permanente de performance. » D’autant que l’équipe d’Allemagne handisport bénéficie d’une place de choix. « Un référent est présent en permanence sur site, développe Grégory Rosec. Les internationaux peuvent donc s’y entraîner au quotidien ou venir y effectuer de stages collectifs ou individuels régulièrement. »  

Durant ce stage collectif, la journée type comprenait un réveil musculaire à 7 h 45. Puis un petit-déjeuner. Ensuite les coaches se réunissaient pour définir les paires. L’échauffement commençait vers 9 h 30 et la séance se terminant à 11 h 30. Une deuxième séance démarrait à 15 h 30. La différence était en soirée. « On dînait à 18 h et il y a avait une autre séance à 19 h 30. Les sessions sont un peu plus courtes que ce que l’on fait en France mais il y en a plus. » La promiscuité des lieux permet cette organisation et ainsi d’axer sur l’intensité. Il est plus aisé d’être au maximum de ses possibilités pendant 1 h 30 que pendant 2 h 30. « Si dans le rythme et la méthode, nous avons découvert de nouvelles choses, le contenu des séances et les exercices, en revanche, ne diffèrent pas beaucoup de ce qui se fait en France. »

L’acte I de l’échange a en tout cas satisfait les deux camps qui se sont séparés sur une petite rencontre par équipe (3 contre 3) remportée 5-4 par les Bleus. Les Allemands ont vraiment le sens de l’hospitalité. // J. Soyer

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