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Que sont-ils devenus ? Serge Robert

3 avril 2018

Serge Robert : « J’ai adoré recevoir la dotation France »  

Régulièrement, le site Handisport.org va s’intéresser à d’anciens sportifs de haut niveau qui ont marqué le mouvement. Serge Robert, ancien athlète et entraîneur de l’équipe de France en charge des fauteuils, ouvre la rubrique. Aujourd’hui, l’enfant d’Albi reste très impliqué.

Serge Robert ne manque pas d’idées. « J’ai envie de réaliser un défi sportif mais actuellement, je préfère le garder pour moi, dévoile ce passionné d’athlétisme, tourné vers la commission jeunes et les formations de cette discipline phare de la FFH. Parallèlement, je me suis rapproché d’une personne proche de chez moi vers Toulouse, pour apporter mon expertise en matière de fauteuil de courses. » A 52 ans, Serge Robert a assumé des responsabilités au comité départemental handisport de Haute-Garonne puis au comité régional. Vice-président, il en est désormais élu. « Il me semble important d’aider, de guider et d’apporter mon vécu au mouvement. »

Cet ancien athlète handisport de haut niveau, spécialiste du fond (5 000 m, 10 000 m et marathon), aime se projeter. Comme il le faisait avec son fauteuil de course pour arracher une bonne place.

C’était au cœur des années 90. Quelques années après un accident de la circulation, survenu en 1988. Il avait 22 ans. « Issu d’une formation hôtelière, j’avais fait quelques saisons aux Menuires, à Saint-Trop’… Je venais de rentrer chez moi, à Albi, pour travailler dans une brasserie bien réputée localement », rappelle-t-il.

Le changement de vie est brutal. Serge Robert, désormais marié et père de deux enfants, n’est pas un sportif dans l’âme. « Je ne voulais pas en entendre parler du handisport. J’avais mes potes, mes occupations… » Le déclic intervient en 1992. « Je recherchais un défi, plutôt sportif, à relever. J’avais envie de me prouver que je pouvais faire quelque chose. » Les championnats de France d’athlétisme, organisées à Toulouse, sont une aubaine. Il s’y présente. Bénéficie de quelques connaissances pour obtenir un fauteuil de compétition. « Impressionnant. Loin de celui avec lequel je vivais. Et puis sur ces championnats de France, je vois des champions comme Claude Issorat, Joël Jeannot et bien d’autres… Voir de près, leurs performances me convainc. Ils avaient tous la perspective de Barcelone 1992. Je prends rendez-vous immédiatement avec un fournisseur de fauteuil. » Et puis les bonnes rencontres l’encouragent. Jocelyne Puyo, impliquée dans la commission fédérale, le prend sous son aile. La ville d’Albi, séduite par l’idée d’aider un athlète handisport à tutoyer les sommets, apporte le soutien indispensable, à l’époque, pour s’octroyer le matériel adéquat et se préparer dans les meilleures conditions.

Entraîneur impliqué

La progression est fulgurante. Les portes des championnats du monde 94 –« surtout pour découvrir »-, s’ouvrent.  « J’ai adoré ces moments. Recevoir la dotation France. Vivre de nouvelles expériences. » La flamme est encore plus vive. Et l’idée de se qualifier pour les Jeux paralympiques d’Atlanta prend de l’épaisseur. A force d’entraînements, de tour de roue, Serge Robert gagne son billet pour les États-Unis. « Pourtant les championnats de France qualificatifs pour les Jeux avaient très mal démarré. J’avais équipé mon fauteuil de nouvelles roues en carbone. Ma première course, qualificative pour la course de démonstration des Jeux olympiques 1996 d’Atlanta, fut une catastrophe. Pour aller aux Jeux, je devais donc me rattraper. Ce fut le cas sur le 5 000 m. Quelle joie de vivre les Jeux en tant que sportif. C’était une nouvelle étape. »

Sans doute sa plus belle puisque Serge Robert, marié en 1997 et papa une première fois en 1999, n’a pas poursuivi au plus haut niveau. « J’avais envie de trouver le bon équilibre entre ma vie de famille et le sport de haut niveau. Je ne regrette rien mais j’avoue que j’aurais aimé participé à quelques marathons désormais ouverts aux fauteuils roulant. »

Finalement, titulaire du BE depuis 1995 – « Je l’avais passé parce que je voulais mieux comprendre pourquoi je m’entraînais comme je le faisais avant les Jeux » – il est sollicité pour devenir référent et entraîneur des fauteuils avant les Jeux d’Athènes. De cette fonction qu’il a occupée jusqu’aux Jeux de Rio 2016, il garde le souvenir « de la médaille gagnée par le relais 4×400 m en fauteuil à Pékin, en 2008. Il y avait eu un vrai travail d’équipe. »

Des souvenirs forts qui le poussent à s’impliquer toujours et encore pour permettre à de jeunes athlètes en herbe, un jour, de rouler sur ses traces et celles de ces prestigieux équipiers. // J. Soyer

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