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Paris 2024 : Rencontre avec Bernard Lapasset

25 août 2014
Le Conseil de Paris prendra position lundi 13 avril sur le projet de candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques et paralympiques de 2024. Président de l’International Rugby Board et ancien rugbyman de haut niveau, Bernard Lapasset a été président de la fédération française de Rugby avant de devenir Président du Comité Français du Sport International. Cette passion du sport le mène aujourd’hui à développer l’image du sport et handisport français sur la scène internationale et à jouer un rôle majeur dans le projet Paris 2024. Nous l’avions rencontré il y a quelques mois…

 

Que représente pour vous le mouvement handisport ?

Le mouvement handisport illustre pour moi la détermination, la capacité à dépasser ses limites et à surmonter les accidents de la vie. J’ai eu la chance de voir du rugby-fauteuil aux Jeux de Londres et j’ai été marqué par le fait que les athlètes assument le contact. C’est très spectaculaire.

Comment résumer votre mission stratégique internationale ?

J’ai organisé ma mission, confiée par la Ministre et le Président du CNOSF, autour de trois objectifs prioritaires. Le premier est de soutenir l’engagement international des fédérations : nous leur apportons un soutien dans le cadre de leurs projets de candidature dans les instances internationales, comme celle de Jean-Christophe Rolland à la présidence de la Fédération Internationale des Sociétés d’Aviron, ou de candidature à l’organisation de grands évènements sportifs. Le second objectif est de développer et animer le réseau sportif international. Nous devons comprendre les attentes et développer des relations durables avec les principaux acteurs du mouvement sportif international, comme les membres du CIO ou les présidents de fédérations internationales. Enfin, le troisième objectif est de favoriser les synergies entre les différents acteurs nationaux qui interviennent dans le champ du sport international. Nous devons décloisonner les univers entre le CNOSF, le CPSF, les fédérations, l’INSEP, la Direction des sports ou le Ministère des Affaires étrangères, pour garantir la cohérence globale de notre action à l’international. Au-delà de ces 3 axes qui ont vocation à s’inscrire dans la durée, nous coordonnons également l’étude d’opportunité sur une candidature à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques.

Comment évalueriez-vous l’influence française actuelle dans le monde sportif international ?

Nous avons déjà de nombreux Français qui occupent des fonctions dans les instances internationales mais nous pouvons faire encore mieux pour les postes les plus importants. Nous avons besoin de plus d’élus pour occuper des fonctions de premier plan dans les instances internationales comme le nouveau président de la fédération internationale olympique, Jean-Christophe Rolland. Nous devons poursuivre nos efforts pour accompagner d’autres candidatures dans les années qui viennent. Nous souhaitons également mieux fédérer et animer cette communauté des Français concernés par le sport international pour qu’elle devienne une véritable force. Enfin, nous pouvons renforcer notre rayonnement et notre influence en saisissant mieux l’opportunité qu’offrent les grands évènements sportifs organisés en France, comme Roland Garros ou le Tour de France.

Les événements handisport, comme les derniers Mondiaux d’athlétisme IPC à Lyon, ont-ils une place “à part” dans votre démarche ?

Le sport français doit développer son rayonnement et son influence dans l’univers olympique mais également dans l’univers paralympique. J’en profite d’ailleurs pour féliciter Gérard Masson pour l’organisation des mondiaux d’athlétisme qui ont eu des répercussions positives à l’international. Si nous voulons repositionner la France sur la scène internationale, nous devons continuer à organiser les plus grands évènements dans l’univers paralympique.

Vous êtes en phase d’audit actuellement, pour une éventuelle candidature française en 2024 ou plus tard… Êtes-vous confiant ?

Je remettrai en décembre* un rapport aux décideurs (mouvement sportif, État et collectivités territoriales concernées) qui abordera l’intérêt qu’un projet olympique et paralympique et sa faisabilité technique et financière ainsi que le contexte dans lequel il s’inscrirait. Nous avons lancé douze ateliers thématiques qui travaillent depuis le mois de juin sur ce sujet. Un atelier consacré au handicap est d’ailleurs co-animé par Emmanuelle Assmann, Présidente du Comité Paralympique et Sportif Français. Cet atelier étudie l’impact que pourraient avoir les Jeux sur le regard que notre société porte sur les personnes en situation de handicap, tant au niveau de l’accessibilité des infrastructures que de l’inclusion sociale des personnes handicap. Si nous souhaitons qu’un projet olympique et paralympique avance, nous ne devons pas l’aborder comme unévènement uniquement, sportif mais comme une opportunité pour notre jeunesse, pour renforcer la cohésion sociale et l’engagement citoyen, pour favoriser le développement économique et territorial. Je remettrai mon rapport en fin d’année* et il appartiendra ensuite aux décideurs de se positionner pour savoir si nous poursuivons la réflexion ou pas.

* : 2014

Depuis cette interview, le rapport d’opportunité de près de 300 pages a été dévoilé par Bernard Lapasset, le 12 février dernier. Réactions.

Denis Masseglia, président du Comité national olympique et sportif français : « Nous disposons d’une référence qui va nous permettre de fixer et garder le cap. Nous n’en sommes qu’à la première pierre d’un édifice que nous voulons le plus haut possible. Au-delà de la méthode, il y a les convictions, celles qui font que le projet olympique peut servir la France et les Français ».

Emmanuelle Assmann, présidente du Comité paralympique et sportif français : « Il est important qu’une candidature française s’attache à démontrer que les Jeux Olympiques et Paralympiques sont les deux faces d’une même pièce. Je crois au pouvoir du sport et d’un tel événement pour aider à faire évoluer notre société. Les Jeux sont accélérateurs de changement, une occasion unique de pouvoir changer le regard sur la différence. Les Jeux Olympiques et Paralympiques en France peuvent devenir un symbole d’unité ».

Bernard Lapasset, président du Comité français du sport international :
« Nous sommes sur un projet fédérateur, qui fixe un cap et créé une ambition. C’est un élément qui nous permet d’évoquer du passé et de savoir ce que l’on a appris du passé. Ce projet de candidature nous permet de donner un chef de file, vous tous, le mouvement sportif. C’est aussi partager une feuille de route, parce que le mouvement sportif doit être structuré. Nous avons voulu intégrer une dimension participative dans nos ateliers, qui ont permis de donner non pas simplement un projet sportif, mais un projet pour la société, sur 9 ans. Nous avons essayé de répondre à trois questions : Y-a-t-il un intérêt pour la France à présenter une candidature ? Quelle capacité technique et financière peuvent être mises à disposition d’une candidature ? Et enfin, y-a-t-il une victoire possible pour 2024 ?  ».

Anne Hidalgo, maire de Paris : « C’est un rapport important qui marque une étape décisive. Il était nécessaire de prendre ce premier temps pour permettre à une décision commune de se dessiner. Je tiens à redire mon intérêt pour le sport et pour les Jeux Olympiques et Paralympiques, qui constituent un très beau moment de paix entre les Nations, qui se confrontent dans le respect et la tolérance de la compétition sportive. Être candidat est un projet trop important pour être sujet à des enthousiasmes et des impatiences. Il y a le cœur et il y a la raison. La candidature de Paris ne peut pas être une candidature de témoignage. Avec le travail sérieux que vous avez réalisé nous faisons un pas important dans le processus de candidature. Ce qu’il y a dans ce document nous permet aujourd’hui de travailler très professionnellement  ».

Le 15 septembre 2015 débutera la phase officielle pour les comités nationaux olympiques et les villes souhaitant se porter candidats à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024.

Sources : CNOSF


 

Consulter la Synthèse du Rapport d’opportunité Paris 2024

Plus d’infos sur le Comité français du sport international : www.sports.gouv.fr/international

Retrouvez cette interview réalisée en 2014 dans HANDISPORT LE MAG’ 156 – L’Invité du Mag’

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