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Rencontre avec David Gerber

14 décembre 2015

Portrait 2/4 © G. Picout

Nous avons décidé de vous présenter durant ces prochaines semaines, quatre athlètes représentants le futur des équipes de France d’athlétisme. Leur handicap, leur parcours, leur situation ne sont pas identiques mais ils ont tous la même passion de la discipline et les espoirs qui en découlent. Dix questions identiques leur ont été posées et un mot de Jean-Baptiste Souche, responsable du haut-niveau, complète leur profil. Rencontres avec quatre athlètes pleins d’envie.

David Gerber a 19 ans. Atteint d’achromatopsie congénitale, il court et saute dans la catégorie T13 chez les mal voyants. Joueur de football durant plusieurs années, il se met à l’athlétisme en septembre 2012 et participe à sa première compétition lors des championnats de France en salle en 2013. Médaillé d’or à la longueur (6,40m) et de bronze sur 100m (12’’00) au cours des Jeux Européens de la Jeunesse en juillet dernier en Croatie, son potentiel lui a ouvert les portes du Pôle France Jeunes de Lyon où il s’entraîne six jours sur sept. Plutôt réservé, cet Aveyronnais méthodique sait tout de même ce qu’il veut et ne compte pas s’arrêter là. Il gravit les échelons marche après marche, ce qui pourrait l’amener tout en haut dans les prochaines années.

EuroParaYouthGames ©G-Picout 228

Pourquoi avoir choisi l’athlétisme ?

L’athlétisme est un sport difficile et j’aime la difficulté sportivement parlant. Ce sport me permet de m’évader, d’oublier les problèmes de la vie courante, d’oublier en quelque sorte mon handicap. Certes, l’athlétisme est un sport individuel, mais les entraînements nous les faisons en groupe et c’est ce qui me plaît. L’athlétisme me permet également de gagner en confiance en moi.

La première fois que tu as porté le maillot de l’équipe de France, quelle a été ta réaction ? 

Cela m’a énormément fait plaisir. Le sélectionneur a eu confiance en moi en me sélectionnant. Dès que j’ai appris cela, je savais qu’il ne fallait pas que je déçoive mon pays, mes couleurs. Alors au cours des jeux européens en Croatie, j’ai donné le meilleur de moi-même et cela m’a plutôt réussi.

Quel athlète handisport admires-tu le plus ?

J’admire beaucoup Marie-Amélie Le Fur. C’est une personne agréable, pleine de joie. J’ai la chance de pouvoir m’entraîner avec elle lorsqu’elle vient sur certains stages à Lyon. C’est devenu une personne emblématique du Handisport Français. Jeunes athlètes que nous sommes, nous désirons égaler ses performances ou s’en approcher le plus possible.

Tu deviens capitaine de l’équipe de France et tu dois parler à l’équipe, quel discours tiens-tu ?

« Mes amis, vous avez été sélectionnés pour représenter notre pays, nous sommes là car nous l’avons mérités. Montrez de quoi vous êtes capables lors de ces championnats, prouvez que votre sélection n’a pas été une erreur de la part des sélectionneurs. Ayez la hargne, l’envie de vous battre pour vos couleurs. Mais surtout et avant tout amusez-vous. »

Que retiendras-tu des championnats du monde de Doha 2015 ?

Les Mondiaux de Doha ont été un grand moment d’émotions. En effet beaucoup de records du monde sont tombés, notamment avec Marie-Amélie Le Fur en longueur. Mais ce n’est pas ce qui m’a le plus enthousiasmé, en effet le saut de Markus Rehm en longueur m’a ému et surtout surexcité. C’est un incroyable saut à 8m40. Etant sauteur en longueur, c’est vraiment le moment qui m’a le plus marqué de ces mondiaux. 

Ton objectif sportif en 2016 ?

Ayant participé aux Jeux Européens de la Jeunesse l’été dernier en Croatie, j’aimerais en 2016 participer aux Championnats d’Europe à Grossetto en Italie. Mais avant cela il y aura la participation aux Championnats de France en salle, aux Interclubs Handisport ainsi qu’aux Championnats de France Open. 

Ton meilleur souvenir d’athlète ?

Mon meilleur souvenir d’athlète est le moment où j’ai obtenu mon titre en longueur en Croatie. Sur le podium, chantant la Marseillaise avec le collectif France Athlétisme dans les tribunes, ce fût un très bon moment.

Ton pire souvenir d’athlète ?

Mon pire souvenir d’athlète fût ma longue inactivité pour cause de blessures, presque neuf mois sans pratiquer en 2014.

Quelle musique écoutes-tu avant une compétition ?

Je n’écoute pas spécialement de musique avant les compétitions. Si j’en écoute cela dépend de mon humeur les jours précédents les épreuves.

Si je te dis Jeux de Rio 2016, Mondiaux de Londres 2017 et Jeux de Tokyo 2020, tu me réponds quoi ?

Je dis que tout est possible si on le veut vraiment. Il faudra faire des sacrifices, y mettre de la bonne volonté, et surtout s’amuser.// R. Goude

 

Le mot de Jean-Baptiste Souche

« David Gerber est un sauteur en longueur malvoyant qui vient d’intégrer le Pôle France Jeune de Lyon cette année. Appliqué, déterminé, exigeant envers lui-même et doté de qualités physiques incroyables, il a de très sérieux atouts pour s’imposer dans les années futures sur la scène internationale. Le saut en longueur n’étant pas au programme des Jeux paralympiques de Rio dans sa catégorie de handicap, son projet sportif va se construire sur plusieurs années. C’est véritablement un athlète à suivre. »

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