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Sami El Gueddari : « Développer la polyvalence du nageur »

11 décembre 2018
Les championnats de France petit bassin, prévus à Thionville (Moselle) les 15 et 16 décembre, vont proposer une formule totalement nouvelle aux nageurs. Il n’y aura pas de distinction de classes de handicap et de sexe. Et tous devront effectuer, a minima, la totalité de leur programme paralympique. Explications par le directeur sportif.

La formule

« C’est une sorte de championnat de France multidisciplinaires, dans le sens où tous les nageurs vont devoir nager toutes les épreuves de leur programme paralympique, moins une épreuve. On se rapproche ainsi d’un décathlon en athlétisme ou d’un omnium en cyclisme.

On a juste mis de côté le 100 m nage libre, réservé pour la finale. On voulait avoir cette dimension de finalistes. A l’issue des six épreuves, la moyenne sera faite, selon les tables de cotation par classes de handicap et par sexe, pour l’ensemble des nageurs et il y aura un titre qui se jouera sur 100 m nage libre. Mais attention, le premier du 100 m ne sera pas champion de France. On gardera les performances des autres épreuves et celle du 100 m sera remise à la moyenne des autres  épreuves. Seuls les finalistes peuvent prétendre à un podium.

Ce championnat de France inaugure aussi une formule totalement mixte. Les filles et les garçons seront donc au départ des mêmes courses. La mixité nous permet de densifier les courses puisque le vivier de nageurs handisport est plus resserré qu’en valide. Les tables de cotation nous permettent de respecter l’équité. On aura donc trois finales : jeunes (moins de 16 ans), juniors (moins de 20 ans) et toutes catégories. »

Les objectifs  

« On est sur la première partie de saison. Le but est de rappeler à chacun qu’il ne faut négliger aucune nage. Aujourd’hui, les meilleurs nageurs internationaux sont capables de rivaliser sur les podiums de trois, quatre à cinq épreuves. Le bilan des championnats d’Europe est venu confirmer cette tendance. Si on prend le top 5 des pays, tous les nageurs étaient engagés dans 3,9 épreuves en moyenne.

L’hyperspécialisation, évoquée pendant un moment et vers laquelle on reviendra peut-être, n’est plus d’actualité. Sur la scène internationale, il faut être capable de rivaliser sur un panel d’épreuves assez conséquent. On a donc mis en place ce championnat pour inciter les nageurs à développer cette polyvalence. Même si je suis dossiste, travailler mon pap’ ou ma brasse peut me permettre de débloquer des sensations dans ma spécialité.

La mixité, elle, permet de familiariser les athlètes à la culture de la gagne. De leur rappeler que celle-ci se construit dès les échelons nationaux. La table de cotation nous permet de classer dans un même classement filles et garçons. Cela ne veut pas dire que la performance des filles correspond à celle des garçons. On ne mesure pas de la même manière leurs performances. Il y a une table de cotation par épreuve, par sexe et par classe de handicap. Il y a une réelle équité des chances à la victoire. »

Les attentes

« Je n’attends pas des performances chronométriques hors du commun parce qu’il va y avoir l’enchaînement des épreuves dans un temps très réduit. Ils vont courir six épreuves en une journée et demie. J’en attends surtout un état d’esprit. Les nageurs vont devoir se transcender sur chacune des épreuves. Chaque centième va compter puisque chaque centième va correspondre à des points à la table de cotation. Le moindre relâchement pourra être fatal. Dans leur spécialité, ils devront prendre un max d’avance et dans les autres épreuves, ils devront tout faire pour ne pas prendre de retard. Il y aura donc une réelle émulation et une grande stimulation des sportifs qui vont tous se retrouver engager et concurrents plusieurs fois dans le week-end, là où habituellement, ils ne se croisent qu’une fois, sur leur spécialité. L’adversité et la combativité sont renforcées.

J’attends aussi une belle ambiance. Le petit bassin est propice à cela en raison d’un espace moindre, du rassemblement des nageurs… J’espère qu’ils vont tous accroître cette culture du dépassement de soi… et cette volonté de ne rien lâcher jusqu’à l’arrivée. »

L’avis de Claire Supiot (*)

« Je suis ravie de cette formule. Je pense que l’on va dans le bon sens. Que nous sommes dans le vrai. Il est important de développer la base de nage. Si on peut nager le 200 4 nages, on peut faire un 50 ou un 100 m. A cette période de la saison, on peut et on doit consolider nos bases. Je fonctionne toujours ainsi. Ensuite, cette formule permet d’avoir un objectif pour travailler des nages qui ne sont pas nos spécialités. C’est une motivation pour le travail foncier de la période hivernale. Après, il faut bien comprendre que ce n’est pas l’objectif majeur de la saison. Mais un moyen de bien travailler. Ce championnat de France va nous permettre de voir des profils se dégager. On va aussi bien s’amuser. » 

* : Claire Supiot, est championne d’Europe handisport en titre sur 50 m NL depuis l’Euro disputé en août dernier à Dublin. Nageuse de haut niveau valide par le passé, elle a disputé les JO de 1988 à Séoul sur 200 m papillon. Elle a été championne de France de natation en bassin de 50 mètres sur 100 mètres papillon en hiver 1984 et sur 200 mètres papillon aux hivers 1984, 1985, 1987 et 1988 et aux étés 1984, 1986, 1987 et 1988. // J. Soyer

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