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Sandrine Aurières-Martinet : « Il a fallu s’adapter »

17 mars 2015
La chef de file du judo français a signé un retour tonitruant en remportant la World Cup hongroise. Sandrine Aurières-Martinet revient sur tous les changements de sa vie depuis les Jeux paralympiques de Londres 2012.
Un deuxième enfant, nouveau cadre professionnel, nouvel environnement sportif… De nombreux changements ont accompagné le retour de Sandrine Aurières-Martinet, médaillée d’argent aux Jeux paralympiques d’Athènes et de Pékin, sur les tatamis, victorieuse de la World Cup en Hongrie, fin février. Entretien.

 

Sandrine, parlez-nous de ce retour gagnant ?

Ce fut une bonne surprise. Même si je m’engage toujours sur une épreuve pour gagner, je ne pensais pas forcément y réussir. Je voulais avant tout prendre le maximum de points en vue des Jeux paralympique de Rio. Il me fallait revenir sur la ranking list puisque j’en étais sortie, après plus de deux ans sans compétition internationale.

Deux ans, une éternité… Pourquoi ?

Je perds en demi-finale des Jeux paralympiques 2012 et je quitte Londres, où je finis 4e, avec une blessure à la cheville. Il devait me falloir quatre mois pour me guérir mais j’ai eu des complications qui ont nécessité une opération en janvier 2013. Au moment de reprendre la réathlétisation, je suis tombée enceinte de Daphnée, née il y 13 mois et demi. Cela a donc repoussé mon retour d’autant qu’il m’a fallu me faire opérer une deuxième  fois pour enlever des vis afin de pouvoir reprendre le judo. Ce que j’ai fait en septembre dernier.

Dans un contexte totalement différent, n’est-ce pas ?

Oui. Maman de deux enfants, j’ai aussi changé d’entraîneur en club puisque les deux clubs de Mâcon ont fusionné. Aussi, Cyril Pagès a remplacé Antoine Hays en équipe de France. Par ailleurs, j’ai arrêté d’exercer ma fonction de kiné à l’hôpital car les conditions ne me permettaient plus de concilier le sport et mon métier. Je me suis donc installée en libéral. Cela me permet de gérer mon emploi du temps mais suscite aussi davantage de responsabilités… Cela me va bien car je bénéficie de plus de moyens pour soigner mes patients. Cela change le rythme. Sans oublier que mon mari, militaire, a aussi des contraintes professionnelles. Mais toutes ces modifications me permettent de relativiser davantage. Cela m’a apporté de la maturité sur le plan sportif.  

Pourtant vous avez densifié votre planning sportif…

Oui. Le niveau a considérablement augmenté ces dernières années. Il fallait donc que je me mette pleinement dans une démarche de très haut niveau. J’avais envie de reprendre à condition de me donner les moyens de gagner.

Quels sont les changements majeurs apportés ?

Tous les lundis je fais de l’athlé, du cardio-training sur 100, 200, 500 m. Les effets ont été très rapides. Je sens que je me porte mieux durant toute la durée d’un combat. Je me rends aussi plus souvent à la salle pour le renforcement musculaire. Les jeudis je m’entraîne avec le pôle espoir de Lyon afin de trouver davantage d’adversaires et un niveau d’opposition plus important qu’en club. Tout ce la demande beaucoup d’organisation et change parfois d’une semaine à l’autre mais je m’efforce de me tenir à cette semaine type où je m’entraîne au moins deux heures par jour. Il y  aussi davantage de stages et des journées d’entraînement exceptionnelles comme celles passée à l’Insep mardi dernier (10 mars). 

// Propos recueillis par Julien Soyer

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