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Thomas Dubois, la passion, un guide moteur

17 février 2017
Le skieur nordique de Vercors Handisport a disputé sa première manche de coupe du monde en début d’année. Cette riche expérience a encore renforcé sa motivation pour atteindre les sommets.

Son avenir semble tout tracé. A 17 ans, Thomas Dubois doit encore beaucoup apprendre, mais ces premiers pas en Coupe du monde de nordique, au mois de janvier en Ukraine, ont démontré que les bases sont là. « J’ai vraiment aimé l’ambiance en équipe de France. J’y ai été très bien intégré, apprécie le lycéen de Terminale S. J’ai pris beaucoup de conseils et emmagasiné de l’expérience. J’ai mesuré le rythme d’une épreuve de haut niveau. L’importance de la reconnaissance du parcours. Nous sommes arrivés deux jours avant pour effectuer celle-ci. Le soir, avec mon guide, Francis Buisson, nous nous répétions le parcours le soir dans notre lit. » A l’arrivée face à une concurrence modérée, l’espoir tricolore a terminé 9e, 12e et 10e. De bon augure pour celui qui est surtout programmé pour les Jeux paralympiques d’hiver 2022.

Fan de foot et de l’OL      

Vers 8-9 ans, ce footballeur en herbe, supporter de l’Olympique Lyonnais, a perdu la vue, victime d’une rétinoschisis. « Mes parents, les deux sœurs et mes copains m’ont beaucoup aidé à surmonter ça, explique Thomas Dubois. Nous avons fait plein d’activités. Cela ne m’a pas laissé le temps d’y penser. » Et encore de moins de s’apitoyer sur son sort. Ce n’est d’ailleurs pas le genre de cette famille où le sport a une place importante. « La sœur aînée de Thomas évolue à un bon niveau en athlétisme, ses parents aussi sont sportifs », précise Claude Terraz, le président du club Vercors Handisport, spécialisé sur le biathlon et le ski nordique.    

Adieu le ballon rond, vive la glisse. Et le ski de fond plus précisément. Le natif de Mont-de-Marsan, dans les Landes, raconte. « A l’âge de 5 ans, nous sommes partis avec ma famille à Annecy (Savoie). Non loin des pistes, je me suis tourné vers ce sport. Les chocs étant déconseillés par rapport à ma maladie, j’ai opté pour le ski de fond. »

L’histoire démarre à Glières. Ce club valide a mis le pied à l’étrier de Thomas Dubois avant de le diriger vers Vercors handisport. « En 2013, j’ai fait un stage d’une semaine, se souvent l’adolescent. J’ai beaucoup aimé la sensation de glisse. » Un stage rendu possible par la détermination de Claude Terraz qui a remué ciel et terre pour licencier en une journée ce prometteur débutant qu’était alors Thomas Dubois. « Rapidement, j’ai été convaincu par sa dimension physique et son autonomie, dévoile Terraz, ancien entraîneur de l’équipe de France handisport de ski nordique. Il est aussi très à l’aise par rapport au guide. Il trouve vite sa trace. »

Jarrode, le lycée, les progrès

Ses progrès rapides incitent Claude Terraz à lui proposer d’intégrer la section sports-études du lycée de Villers-de-Lans  en Seconde. « On sent aussi chez Thomas une passion très forte, appuie le dirigeant. Dès l’automne, il piaffe d’impatience pour aller skier. »

Après des démarches multiples pour le faire accepter malgré son handicap visuel, le pari est tenu. « Thomas le premier et toute la famille ont œuvré pour lui permettre d’y entrer. C’est vraiment bien car il est tellement passionné pour le ski qu’il aurait été dommage de ne pas lui donner toutes les chances de réussir », juge Claude Terraz. Accompagné de Jarrode, son chien guide – « mes yeux », comme le dit Thomas, le jeune skieur bénéficie d’un rythme soutenu. « Sans Jarrode, je pense que je n’aurais pas osé quitter ma famille pour être interne au lycée. Grâce à lui, je savais que je m’adapterai à ces lieux que je ne connaissais pas. » Avec Jarrode, Thomas Dubois a gagné en autonomie et en confiance.

Le lundi après-midi, il s’entraîne avec les valides. Le reste de la semaine, il est suivi dans son club. En moyenne, il oscille entre quatre et cinq entraînements par semaine depuis deux ans et demi.

Son abnégation et sa passion pourraient lui ouvrir les portes de Jeux Paralympiques 2018 de Pyeongchang, en Corée du Sud. « On verra. L’important est d’être prêt en 2022 », relativise le sportif. A court comme à moyen terme, un horizon lumineux se présente à Thomas Dubois. // J. Soyer

© G. Picout

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