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Lisa et Florent, ou la boccia en famille

3 décembre 2019
Lisa et Florent Brachet accompagnent tous les deux, à leur manière, l’équipe de France de boccia. Lisa, arbitre internationale et assistante depuis 2015, a suivi les pas de son frère aîné, Florent, assistant, quant à lui, depuis un peu plus de cinq ans.

Florent Brachet et Sonia Heckel font la paire depuis plus de cinq ans. Le duo compte parmi les membres de l’équipe de France de boccia sacrée championne d’Europe, fin août-début septembre, à Séville. « Aujourd’hui, nous avons nettement dépassé la relation assistant-sportif, pose Florent Brachet, 35 ans. Nous avons créé une vraie complicité et sommes des partenaires. Nous ne faisons qu’un. »

Lisa Brachet à droite © G. Picout

Lisa Brachet, la sœur de Florent, était également du voyage dans la capitale andalouse pour assister Rodrigue Brenek. « Même si je dépanne davantage comme assistante, nous avons aussi créé une belle unité », estime la jeune femme de 26 ans.

Lisa et Florent dénotent un peu dans la famille des assistants de la boccia. Ni l’un, ni l’autre n’exercent des professions en lien avec le handicap. « Sur des disciplines comme la boccia, pratiquée par des personnes en situation de grand handicap, on est très attentif au fait que les bénévoles connaissent a minima le grand handicap, développe Sophie Ternel, la directrice sportive de la discipline pour la Fédération Française Handisport. On privilégie les professionnels de la santé, les éducateurs du médico-social, les aides-soignants… »

Découverte et apprentissage du handicap sur le tard

Florent © G. Picout

Florent, cuisinier de formation, a croisé la route de cette discipline alors qu’il concoctait les plats dans l’établissement spécialisé où résidait Sonia Heckel. « Un jour, je suis allé voir l’entraînement et je me suis pris au jeu donc je suis resté », explique celui qui travaille désormais aux fourneaux de l’hôpital de Pompey-Lay-Saint-Christophe, à 20 km de Nancy (Lorraine). Quant à Lisa, professeure de violon, elle a profité d’un championnat de France qui se tenait près de chez elle, pour aller voir son frère et Sonia. « J’y ai rencontré plein de monde sympa et ça m’a aussi donné envie de m’impliquer. C’est quelque chose qui me fait vivre. »

L’un et l’autre ont découvert le handicap sur le tard. Il leur a fallu dépasser certaines appréhensions au départ. Notamment parce que les assistants sportifs sont aussi des assistants dans la vie de tous les jours. Ils sont donc amenés à porter, aider et faciliter la vie de leurs partenaires.  « On ne savait pas forcément comment faire pour répondre aux attentes des sportifs, avouent-ils. Mais tout s’est fait par l’écoute parce que Sonia et les sportifs avec lesquels nous pratiquons parlent normalement et ressentent parfaitement les choses. Ils nous aident donc à corriger le tir. » Lisa précise : « J’avoue quand même qu’à chaque fois que je dois les porter ou les transférer parce que je crains toujours qu’ils soient mal pour le reste de la journée. »  

Florent et Sonia Heckel © G. Picout

Florent, lui, s’est aussi inspiré des cours reçus dans sa jeunesse sur « les gestes et les postures ». « Cela ne m’a pas empêché de me faire mal au dos lors des premières épreuves. Mais on se nourrit de l’expérience et des conseils des autres assistants. » Surtout à l’international. Une dimension que les Brachet ont eu la chance de découvrir. « C’est une immense fierté de porter le maillot bleu. Il y a eu beaucoup d’émotion et de joie lors du titre de champion d’Europe. » Un titre synonyme de qualification pour les Jeux paralympiques de Tokyo (25 août – 6 septembre). 

Pour tous deux, la boccia rime avec échappatoire. Lisa Brachet, elle, admet toutefois qu’elle utilise cette expérience dans sa vie professionnelle. Et vice et versa. « Je me sers beaucoup de la boccia sur l’approche pédagogique de mes cours. J’ai trouvé un équilibre grâce aux deux. Je me sers de certains aspects appris dans mon école de pédagogie pour les formations d’arbitres ou quand je vais entraînements de boccia. »   

Si Florent s’est spécialisé dans l’assistance sportive, Lisa, elle, a réalisé un objectif de jeunesse en suivant les formations d’arbitre, jusqu’à valider celle de niveau international. « Petite, je voyais mes frères et sœurs arbitrer au foot. J’avais envie de faire comme eux, mais entre les répétitions et les concerts, cela était impossible. Alors quand j’ai vu que je pouvais m’investir dans le monde sportif, j’ai testé l’arbitrage. Et cela m’a plus plu que ce que j’imaginais. » Elle double donc ce rôle avec celui d’assistant. « Je suis un peu le couteau-suisse ou la roue de secours comme les joueurs m’ont surnommé en raison de ma polyvalence et de ma couleur de cheveux. »

Florent et Lisa sont encore des profils trop rares dans le cercle de la commission boccia. Celle-ci est en quête régulière de compromis entre la mise à disposition des salariés des établissements spécialisés et des bénévoles.

 

 

Rédaction : J. Soyer / Photo : G. Picout


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