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En route vers Milan Cortina 2026 / Alpes 2030 : les territoires en première ligne

4 mars 2026
 A l’approche des Jeux de Milan-Cortina (6-15 mars 2026) et dans la perspective des Jeux des Alpes Françaises 2030, la Fédération Française Handisport entend bien démocratiser davantage encore l’accès aux sports d’hiver en montagne. Elle s’appuie sur les multiples actions indispensables de ses clubs et de ses comités pour accroître son vivier de pratiquants et l’accessibilité, dans sa globalité, au front de neige. Sans être exhaustive, petite revue de détails de ce qui est fait dans les territoires. 

 La Fédération Française Handisport (FFH) œuvre avec force et conviction pour ouvrir au plus grand nombre les disciplines outdoor en montagne. « Nous devons développer le nombre de licenciés et nos clubs en les soutenant. Répondre au mieux aux attentes des pratiquants », situe Xavier Rolland-Muquet, en charge du développement des sports d’hiver pour la FFH.

Plaisir, sensations, partage. Ces trois notions sont très recherchées par les amateurs des sports d’hiver en montagne. « Ils aiment pratiquer en autonomie, c’est-à-dire en famille, entre amis ou en club, poursuit-il. Notre ambition est d’améliorer l’accessibilité en termes de déplacements, de logements et d’accès aux activités et loisirs sur place. »

 

De multiples formes de collaboration

L’implication des clubs, des comités départementaux et régionaux constitue un atout majeur. Leur collaboration avec les acteurs locaux (collectivités territoriales, communes et stations) permet une évolution plus rapide des conditions d’accueil et de pratique. « C’est un travail permanent, explique Denis Barbet, président du Comité départemental handisport (CDH) de Haute-Savoie. Il faut toujours sensibiliser à la problématique d’accessibilité dans les stations parce que les personnes changent. » Les relais FFH territoriaux sont souvent à l’origine d’aménagements adaptés aux PMR, aux abords des pistes. Des bâtiments où il est possible de déposer son fauteuil en toute sécurité pendant sa séance, de stocker du matériel, de se reprendre des forces… Jean-Louis Tarius, président du CDH des Pyrénées-Orientales, a réussi à collecter suffisamment de fonds privés et publics pour en créer un aux Angles, une station partenaire.

En Auvergne-Rhône-Alpes, des représentants du Comité régional handisport sont impliqués dans les commissions Tourisme handicap. « On donne des avis en termes d’accessibilité à la montagne et aux remontées mécaniques », précise Romain Didio, conseiller technique du CRH. La présence des fabricants de matériel adapté, comme l’entreprise Tessier, au sein de commissions ou siège aussi le syndicat des remontées mécaniques contribue également à entretenir ou améliorer l’accessibilité dans remontées mécaniques et des domaines skiables.

Génération Montagne, un appui de taille 

Déterminants pour guider et renseigner les pratiquants et les touristes vers les sites handi-accueillants, les structures et clubs estampillés FFH permettent de mutualiser une gamme assez large de matériel adapté afin de limiter les coûts aux pratiquants et aux clubs. « Une prothèse pour le snow coûte environ 15 000 euros, précise Patrice Barattero, responsable du snowboard pour Anices (association niçoise d’initiatives culturelles et sportives) et premier organisateur de stages initiation, perfectionnement et aujourd’hui loisir en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ces sessions peuvent réunir jusqu’à 60 participants. » Sa détermination a convaincu le Conseil départemental des Alpes-Maritimes d’embaucher un agent pour assurer la gestion du matériel et répondre aux demandes des touristes comme des clubs. Le club, comme 35 autres cette année, a bénéficié, du fonds d’aide « Génération montagne », pour enrôler des moniteurs professionnels. « J’ai donc pu accueillir davantage de débutants sur ces stages », se réjouit Patrice Barattero.

Créé à l’initiative des Domaines skiables de France, ce fonds alloue 30 000 € par an, au moins, à la FFH, désormais partenaire de cette action. A travers un appel à projets, elle peut aider au financement de stages ou de cycles découverte, d’initiation ou de perfectionnement, proposés par ses clubs et comités.

Jean-Louis Tarius, président du CDH 66, a amené des enfants de l’école de sport de Perpignan se confronter au para-ski. « C’est très important parce que nous avons aussi pour mission d’accroître le vivier de para-sportifs d’hiver et de détecter des potentiels, souligne Xavier Rolland-Muquet. De nouveaux pratiquants découvrent ces sports, voient ce qui est possible de réaliser et peuvent ensuite s’inscrire sur un Challenge Open, via une licence à la journée. »

Une course open (ouvertes à toutes les personnes en situation de handicap) est généralement adossée aux étapes de Coupe de France, organisées par les clubs et/ou les comités. « Nous choisissons volontairement des parcours simples (alpins), courts (nordiques) et accessibles au plus grand nombre pour les initier à une pratique compétitive plus régulière », poursuit le responsable fédéral.

En Haute-Savoie, où le para ski nordique et le biathlon ont la cote, « deux écoles de sport favorisent la détection de nouveaux profils », appuie Denis Barbet.

La formation, un facteur clé 

La Ligue Auvergne-Rhône-Alpes Handisport, qui possède un grand parc de matériel adapté, n’est pas en reste. Forte de 51 clubs ou sections proposant des para-sports d’hiver, dont un de curling, cette ligue, comptant aussi deux Teams Performance, intitulées Jeux paralympiques 2030 et Deaflympics 2027, dédiées à accompagner les para-athlètes prometteurs, joue pleinement son rôle en matière de développement des pratiques. « Les clubs mettent en place leurs activités et leurs créneaux d’entraînement, argue Romain Didio. Outre notre soutien sur des événements, on oriente les sportifs, en fonction de leur domicile, de leurs objectifs (loisirs/compétitions) et/ou de leur situation de handicap, vers les clubs les plus adaptés. »

Cette ligue est aussi un « important centre formateur des encadrants », apprécie Xavier Rolland-Muquet dont la mission est de coordonner et d’uniformiser les formations assurées par les territoires (quatre plus spécifiquement en France). « Nous rassemblons les formateurs et les coordinateurs régionaux de formation. »

Famille, amis, professionnels du ski, bénévoles de club, les nombreuses formules permettent de répondre aux différents besoins. Sachant qu’elles sont obligatoires pour utiliser le matériel adapté, les Ligues disposent de solutions diverses pour que le coût ne soit pas un frein. « Nous proposons aussi des formations aux éducateurs de centres spécialisés afin qu’ils emmènent leurs résidents sur les pistes », ajoute Romain Didio.

Enfin, ce dernier et Jean-Louis Tarius se réjouissent du succès rencontré par les séjours destinés aux personnes ayant de grands besoins d’accompagnement. Preuve une nouvelle fois, que les comités et clubs FFH favorisent l’accès aux pratiques des sports d’hiver pour tous les publics.

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