« Ce qui s’est écrit lors des Jeux de Paris, dans les stades comme devant les écrans de millions de Français, n’était pas seulement une parenthèse enchantée ; ce fut, je veux le croire, le premier épisode accrocheur d’une série bien plus longue. Et alors que l’hiver vient, il me semble percevoir, dans l’attente que je devine et les échos d’enthousiasme qui me parviennent, que ce qui fut donné à l’été 2024 n’est pas près de disparaître.
Mais, pour que cette attente reçoive les fruits de sa patience, pour que l’on continue de percevoir nos athlètes d’abord et avant tout pour leurs compétences, il nous faudra être au rendez-vous des résultats. Si le passé nous donne à cet égard quelques motifs d’espoir, puisque depuis Sotchi la France figure parmi les cinq premières nations des sports d’hiver paralympiques, nous savons trop ce que le haut niveau exige pour nous détourner de ce qui nous tient lieu de méthode : l’humilité dans le verbe, la performance dans les actes. Les quelques succès de cette méthode, on ne saurait les attribuer à la seule fortune ; ils sont l’addition de plusieurs volontés, la conjonction de multiples soutiens.
Qu’il me soit ici permis de nommer Christian Fémy, qui, depuis quinze années, œuvre à la performance de nos disciplines hivernales et vivra à Milan–Cortina ses derniers Jeux ; il incarne mieux que quiconque cette vérité que le sport collectif affirme et que le sport individuel ne fait que suggérer : la gloire de quelques-uns est presque toujours la récompense d’un plus grand nombre. À travers lui, c’est l’ensemble des entraîneurs, techniciens, encadrants et bénévoles que je veux saluer ; tous ceux dont le travail, que dis-je, l’acharnement, bien qu’il se déploie loin des regards, n’en est pas moins nécessaire.
À ces artisans de l’ombre, il faut ajouter nos partenaires dans ce moment d’histoire : le Comité paralympique et sportif français, le ministère des Sports, l’Agence nationale du sport, ainsi que nos partenaires privés. Qu’ils sachent que leur engagement dépasse, à nos yeux, ce qu’il permet sur le plan matériel ; il témoigne d’une conviction partagée sur ce que le sport peut apporter à la société.
Si les Jeux de Paris ont démontré que le regard porté sur le handicap pouvait évoluer, que la compassion paternaliste d’autrefois pouvait céder la place à la reconnaissance de nos parasportifs pour leurs compétences, il nous appartient de perpétuer cet élan.
À l’instar des médailles, qui ne se conquièrent qu’à force de constance et de labeur, les évolutions durables ne naissent pas des émotions d’un jour ; elles se bâtissent dans le temps long, loin des tribunes comme sous les projecteurs. Nos clubs le savent, eux qui ont vu grandir ces athlètes ; nos comités le savent, eux qui les ont accompagnés jusqu’à former l’intégralité de cette délégation : l’inclusion n’est rien si elle n’est pas concrète ; rien si, à l’inclusion des discours, ne répond pas celle des actes. »
Gaël Rivière, président de la Fédération Française Handisport
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