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Un risque de validisme institutionnel ?

15 janvier 2026

COMMUNIQUÉ SUITE AU RETRAIT DE DÉLÉGATION
DE LA PARA-ESCRIME ET DU PARA-DÉVELOPPÉ COUCHÉ


À la suite de la publication de l’arrêté du 22 décembre 2025 du ministère des Sports, la Fédération Française Handisport (FFH) n’a plus la délégation de la para-escrime (transférée à la Fédération Française d’Escrime) et du para-développé couché (transféré à la Fédération Française de Force), à compter du 1er janvier 2026.

La FFH alerte sur le risque de voir se traduire, à l’échelle institutionnelle, une forme de validisme bien connue des personnes en situation de handicap : une présomption d’infériorité ou d’incompétence, selon laquelle l’expertise dite « ordinaire » serait plus légitime que l’expertise construite par ou avec les personnes en situation de handicap.

L’inclusion ne doit jamais devenir le prétexte à l’effacement des personnes en situation de handicap, ni des institutions expertes où elles sont pleinement actrices.

La Fédération s’en explique dans une tribune parue ce jour, à lire ici.
 

La délégation n’est pas un symbole : c’est une responsabilité

La délégation est l’acte par lequel l’État confie à une fédération, pour la durée d’une paralympiade, la responsabilité d’organiser et d’encadrer une discipline : règlements, classification, sécurité, formation, structuration des clubs, suivi des sportifs, compétitions, haut niveau.

Un transfert de délégation n’a de sens que s’il améliore concrètement l’accès des personnes en situation de handicap à une pratique adaptée, sécurisée et de qualité, tout en préservant la liberté des personnes concernées de choisir avec qui et dans quelles conditions elles souhaitent pratiquer.

Transférer une discipline peut parfois avoir des vertus. Mais cela ne doit jamais se faire au détriment de l’expertise parasportive, de la continuité de l’action et de la sécurité des pratiquants.


Le parasport ne se résume pas à un préfixe : il exige des compétences immédiatement opérationnelles

Chaque discipline parasportive repose sur des spécificités qui ne s’improvisent pas : matériel adapté, règles, classifications, formation dédiée, expertise des encadrants, sécurité.

L’aptitude à gérer une discipline olympique de dénomination similaire ne suffit pas, à elle seule, à démontrer la capacité opérationnelle à encadrer la discipline parasportive correspondante.

La FFH demande que tout transfert soit guidé par le meilleur intérêt des pratiquants et assorti, a minima, de garanties vérifiables dès la date du transfert :


Les faits : la FFH, une fédération compétente, ordinaire et réellement inclusive

Aux Jeux paralympiques de Paris 2024, les sportifs relevant de la FFH ont remporté 73,3 % des médailles françaises (55 sur 75). Sur la saison 2024–2025, la Fédération a enregistré, sur la majorité de ses disciplines, une hausse à deux chiffres du nombre de licenciés.

En outre, dans ses droits et obligations, dans son fonctionnement du quotidien, dans son organisation ou encore dans sa composition — qui inclut, à toutes ses strates, des personnes en situation de handicap et des personnes qui ne le sont pas — la FFH est une fédération ordinaire.

Ce qui la distingue : 70 ans d’inclusion concrète, par le sport et dans le sport.


La FFH pleinement engagée dans les 21 délégations qu’elle conserve

La FFH demeure délégataire de 16 disciplines d’été et de 5 disciplines d’hiver. Elle poursuivra son action, avec exigence et responsabilité, pour la performance comme pour le développement de l’accès aux pratiques.

Elle remercie l’ensemble des acteurs ayant contribué à faire vivre la para-escrime et le para-développé couché en France, et souhaite le meilleur aux pratiquants comme aux fédérations qui en ont désormais la responsabilité.

« Handi ne veut pas dire moins compétent. Inclusion ne doit jamais vouloir dire effacement. »


Lire la tribune complète de la Fédération Française Handisport


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