Jonathan Grangier, l’expérience au service du collectif
Lorsque Jonathan Grangier découvre le cécifoot, il ne s’imagine pas devenir l’un des gardiens les plus expérimentés de l’équipe de France. Gardien de football à Agen, il est sollicité presque par hasard pour participer à un entraînement de cécifoot. Une découverte qui change rapidement sa trajectoire sportive.
Sélectionné en équipe de France dès la fin des années 2000, il
participe à l’essor du cécifoot français et vit les premières grandes aventures internationales de la discipline. Parmi elles, la médaille d’argent décrochée aux Jeux Paralympiques de Londres en 2012, qui marque un tournant dans l’histoire des Bleus.
Mais Jonathan résume rarement son rôle à celui d’un simple gardien. Pour lui, la confiance est le fondement de tout. Les quatre joueurs devant lui ne voient pas le jeu. Ils s’appuient sur sa voix pour connaître les déplacements adverses, ajuster leur placement ou gérer les temps faibles. Cette relation se construit au fil des entraînements, des compétitions et des années passées ensemble.
En parallèle de sa carrière internationale, Jonathan poursuit son engagement dans le football amateur et contribue à faire découvrir le cécifoot à de nombreux gardiens issus du football traditionnel, convaincu que les deux disciplines s’enrichissent mutuellement.
Alessandro Bartolomucci, le guide d’une nouvelle génération
Comme Jonathan Grangier, Alessandro Bartolomucci n’était pas destiné au cécifoot. Gardien au SAG Cestas et formé dans le football traditionnel, il découvre la discipline presque par hasard lors d’un stage réalisé auprès de la préformation des Girondins de Bordeaux. Très vite, il comprend que le poste de gardien en cécifoot est bien plus complexe qu’il n’y paraît.
Appelé en équipe
de France avant les Jeux de Tokyo, il trouve rapidement sa place au sein d’un collectif expérimenté. Son calme, sa lecture du jeu et sa qualité de communication lui permettent de devenir un élément incontournable des Bleus. Alessandro insiste d’ailleurs sur cette idée : le gardien est avant tout un guide. « Notre rôle ne consiste pas seulement à arrêter des ballons. On guide toute la défense. Cette relation se construit sur le terrain, mais aussi en dehors. Certains joueurs ont besoin d’être davantage guidés que d’autres. »
Cette dimension relationnelle est au cœur de son approche. « Quand on est dans les buts, on oublie totalement le handicap. On voit simplement des joueurs de football complets. »
Aux Jeux Paralympiques de Paris 2024, Alessandro démontre toute l’importance de son poste. Auteur de plusieurs arrêts décisifs tout au long du tournoi, il repousse notamment un tir au but en finale contre l’Argentine, offrant aux Bleus leur premier titre paralympique. Une performance qui rappelle que, si le gardien parle beaucoup, il sait aussi se montrer décisif lorsque le ballon arrive jusqu’à lui.
Plus que des gardiens
S’ils appartiennent à deux générations différentes, Jonathan Grangier et Alessandro Bartolomucci partagent une même vision de leur poste. Tous deux savent que leur rôle dépasse largement la surface de réparation. Ils sont les premiers organisateurs de la défense, les relais du staff sur le terrain et des repères indispensables pour leurs coéquipiers.
Dans une discipline où la confiance est au cœur de chaque action, les gardiens sont bien plus que les derniers remparts : ils sont les premières voix des Bleus. Et si leurs arrêts font parfois basculer les rencontres, c’est souvent leur capacité à guider, rassurer et faire jouer l’équipe qui fait réellement la différence.
©Didier Echelard
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