Maxime Sellier, reconstruire par le sport
Pour Maxime Sellier, le sport a toujours été une évidence. Football, course à pied, triathlon : l’activité physique occupe une place centrale dans sa vie bien avant sa déficience visuelle. Mais en 2021, tout bascule lorsqu’il perd brutalement
une grande partie de sa vision.
Plutôt que de renoncer, il cherche rapidement de nouvelles manières de pratiquer. D’abord avec la course à pied et le triathlon, accompagné par des guides, jusqu’à relever un défi immense : terminer un Ironman seulement deux ans après sa perte de vue. Un moment fondateur, qu’il décrit comme l’une des expériences sportives les plus fortes de sa vie.
Puis vient le cécifoot. Ancien footballeur valide, Maxime retrouve immédiatement ce qui lui manquait : le ballon, les sensations, l’adrénaline du jeu. « Dès que j’ai touché le ballon, j’ai retrouvé le plaisir de jouer au football. » Les débuts sont pourtant déroutants. Le masque, la perte totale des repères visuels, les courses contre les barrières, l’obligation d’écouter chaque son : tout demande une adaptation profonde. Mais Maxime progresse vite. Très vite. Avec le FC Nantes Cécifoot, puis avec l’équipe de France Espoirs, il gravit les étapes jusqu’à intégrer les rassemblements des Bleus.
Pour lui, le cécifoot dépasse largement le cadre sportif. Il lui a permis de retrouver de l’autonomie, de la confiance et une nouvelle forme de liberté. « Je ne pensais pas que le cécifoot allait autant m’aider dans ma vie quotidienne, dans ma confiance en moi, dans mes déplacements. »
Aujourd’hui, Maxime ne cache pas son ambition. Après avoir vécu le sacre paralympique depuis les tribunes, il veut désormais connaître ces émotions sur le terrain, avec le maillot bleu.
Soufiane El Battachi, apprendre vite pour viser haut
Soufiane El Battachi avance avec la fraîcheur et l’envie de ceux qui ont encore tout à construire. Originaire du Maroc, il perd la vue à 14 ans à cause d’un glaucome. Passionné de football, il découvre le cécifoot en 2021 grâce à un reportage télévisé. Très vite, il cherche un club, trouve l’UNADEV Bordeaux et débute l’aventure en 2022.
Dès son premier entraînement, le déclic est là. Le ballo
n sonore, le bandeau, le guide, les nouveaux repères : tout est différent, mais tout l’attire. « C’était incroyable. J’avais joué au foot avant, mais là c’était différent : mettre un bandeau, entendre le ballon, être guidé… franchement, c’était magnifique. »
Sa progression est rapide. En quelques mois, il dispute ses premiers matchs, puis gagne en confiance au contact d’un club bordelais déjà très structuré. À ses côtés, il peut s’appuyer sur des références absolues de la discipline, notamment Frédéric Villeroux et Yannick Le Colvez. Soufiane le reconnaît volontiers : il apprend beaucoup auprès des anciens.
« J’ai travaillé dur grâce à Yannick, Frédéric… Grâce à eux, j’évolue jour après jour. Mais il faut encore travailler pour atteindre l’objectif. »
Son objectif, justement, est clair : représenter la France au plus haut niveau, participer aux grandes compétitions internationales et ramener des titres. Lucide, il sait qu’il doit encore progresser, mais il assume pleinement son statut de jeune joueur d’avenir. « Je suis encore jeune, je suis l’avenir du cécifoot. Tout doucement, en travaillant, on va atteindre l’objectif. »
Sur le terrain, Soufiane évolue le long de la barrière, à droite ou à gauche, avec une préférence pour le côté gauche. Il insiste sur une qualité essentielle selon lui : la prise de balle. Pour un joueur offensif, tout part de là. Bien contrôler, bien orienter, puis enchaîner.
Une nouvelle génération à accompagner
Maxime Sellier et Soufiane El Battachi n’ont pas le même parcours, mais ils racontent tous les deux l’avenir du cécifoot français. L’un s’est reconstruit par le sport avant de retrouver le football grâce au cécifoot. L’autre progresse à grande vitesse au contact des meilleurs, avec l’envie de s’imposer durablement.
Derrière les cadres historiques, la relève se dessine. Elle apprend, elle travaille, elle rêve grand. Et si le cécifoot français veut continuer à viser les sommets, c’est aussi sur des profils comme les leurs qu’il devra compter demain.
©Didier Echelard
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