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Damien Seguin assure « le service après-vente »

23 novembre 2016
Le skipper, médaillé d’or en 2.4 aux Jeux paralympiques de Rio, en septembre, est sollicité aux quatre coins de l’Ouest. Par des entreprises, des associations, des écoles… Il assume avec un plaisir non dissimulé et confirme ses envies de Vendée Globe.

Des trophées de l’insertion à Saint-Herblain, dans une ville non loin de Nantes, au Trophée des marins de l’année où il a été nommé par la Fédération Française de Voile, Damien Seguin n’a pas une minute à lui. Le 5 décembre, il saura s’il a été élu marin de l’année.

Médaillé d’or aux Jeux Paralympiques de Rio en 2.4, le skipper du SNO Nantes, domicilié depuis le début de l’année 2016 à Auray (Morbihan), enchaîne les cérémonies, les rencontres avec les écoles, le monde associatif et professionnel. « J’aurais aimé prendre quelques vacances mais j’assure le service après-vente, sourit le champion lors d’une soirée organisée par son club, en l’honneur des représentants olympiques et paralympiques. Je ne me plains pas. Cela n’a rien de désagréable ! »

Comme le fait d’être reconnu par la caissière du supermarché, quelques jours après son retour du Brésil. « C’est surprenant mais cela démontre à quel point les retransmissions télé ont eu de l’impact. » Damien Seguin, médaillé d’or à Athènes et d’argent à Pékin a de solides références pour comparer.

Militant engagé

Un champion dignement fêté à l’École Nationale de Voile et des Sports Nautique de Saint-Pierre Quiberon, où il s’entraîne depuis 1988. « L’École est ma deuxième maison. J’ai grandi ici, c’est donc un bonheur de partager ce titre avec tout le monde, de la direction aux employés. »

Cette nouvelle médaille d’or récompense aussi un sportif engagé et naturellement tourné vers le monde associatif. Un militant de l’insertion des personnes en situation de handicap dans la société. « Je navigue différemment sur mon bateau auquel je me suis adapté et qui ne comporte aucun aménagement », souligne le marin, né sans main gauche. Preuve que le handicap peut donc rimer avec performance. Et ce dans tous les domaines.  

Toutes ces cérémonies et tous ces échanges lui permettent aussi de prolonger un peu l’euphorie. De revenir sur ce sacre acquis de haute lutte lors de la dernière journée de course. « J’ai pleuré sur le podium car les Jeux sont particuliers. On est le champion des champions. » De rappeler combien il a apprécié de partager cette performance avec treize jeunes en situation de handicap venus à Rio grâce à son association Des pieds et des mains. « Leurs sourires resteront dans ma tête. C’était fort de les retrouver après pour fêter cette médaille avec eux. »

Même si la voile disparaîtra des Jeux Paralympiques à Tokyo dans quatre ans, l’enfant de Guadeloupe s’est fixé un nouveau projet. Ambitieux. « J’aimerais être au départ du Vendée Globe 2020. » Une continuité après ces participations à la Route du Rhum.

Il a donc suivi avec beaucoup d’attention le départ de l’édition 2016, le dimanche 6 novembre. Avec l’espoir d’être sur la mer dans quatre ans afin de s’attaquer à L’Everest des marins. L’or paralympique ramené de Rio pourrait bien être un tremplin idéal pour séduire des partenaires. // J. Soyer

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