A+A-

Le ski handisport a le vent en poupe !

26 février 2019
Avec dix médailles en alpin (8 titres) et huit médailles (5 titres) en nordique, les Français, emmenés par Marie Bochet et Benjamin Daviet, ont poursuivi sur leur lancée des Jeux de PyeongChang lors des championnats du monde 2019. Le directeur des équipes de France des sports d’hiver à la Fédération Française Handisport, Christian Fémy, ne boude pas son plaisir.
« On a atteint nos attentes maximales »
 

De la Slovénie au Canada, en passant par l’Italie, les équipes de France de ski alpin et de ski nordique, ont signé de très beaux championnats du monde. Marie Bochet, qui a porté son total de titres mondiaux à 19, a pu compter sur Arthur Bauchet, pour mener les Bleus vers la 1re place du classement des nations à Kranjska Gora (Slovénie) et à Sella Nevea (Italie). En ski nordique, Benjamin Daviet, avec cinq titres et une médaille d’argent, a mis le Canada et Prince George dans sa poche. Il a été épaulé par Anthony Chalençon et son guide, Simon Valverde, deux fois médaillé de bronze. « C’est un travail d’équipes au sens large. Les staffs, les kinés, les coureurs, tout le monde est dans une même dynamique et l’émulation qui existe entre les différentes disciplines sert la performance, se réjouit Christian Fémy. Les snowboarders, eux, disputeront leurs championnats du monde du 27 au 31 mars à Pyha, en Finlande.     

Christian Fémy, à l’issue des championnats du monde de ski alpin et de ski nordique, la France pouvait difficilement espérer mieux ?

Effectivement. C’est vraiment super. On est au niveau de nos attentes maximales sur ces deux disciplines. On est dans la continuité de ce que nous avons mis en place lors de ces deux dernières années.  L’an dernier, j’avais dit que cet excellent bilan des Jeux de PyeongChang n’était pas le fruit du hasard. Que ces médailles et ces titres résultaient de tout le travail effectué en amont, depuis déjà quelques années. On surfe sur cette dynamique. Cela me conforte dans le niveau de mes équipes.

En ski alpin il y avait toutefois des incertitudes liées à l’absence de manches de Coupe du monde et à quelques changements dans le staff, après le départ de Mickaël Charrière, l’entraîneur n° 1 ?

Cela s’est bien passé parce que ce n’était qu’une évolution, pas une révolution du fonctionnement. Il y a eu quelques changements au niveau des entraîneurs, de nouveaux athlètes sont arrivés mais nous avions aussi ciblé ces championnats du monde et donc mis en place une préparation qui nous semblait être la meilleure possible. C’est la raison pour laquelle nous n’étions pas allés faire de coupe du monde en Croatie, à Zagreb. On manquait un peu de repères à l’international mais on savait que le ski pratiqué par nos sportifs était très bon. Et ce même pour nos nouveaux venus.

C’est-à-dire ?

Thomas Civade (avec son guide Kerwan Larmet), qui n’avait encore jamais participé à une manche de coupe du monde et encore moins à un championnat du monde se classe 4e en slalom et en super-combiné, à seulement quelques centièmes du podium. Il a aussi fallu changer son guide au début de l’automne. Il y avait donc des repères et des automatismes à assimiler assez vite. C’est de bon augure. On a aussi Manoel Bourdenx, qui nous est arrivé cet automne et qui se classe 5e de la descente. Il a connu pas mal de chutes parce qu’il n’a pas encore toute la maîtrise tactique nécessaire.

Des leaders en forme, des jeunes qui pointent le bout de leur nez… L’alpin français va bien ?

Ce sont en effet de vraies satisfactions. Nos leaders sont en place puisque Marie Bochet décroche cinq nouveaux titres mondiaux sur cinq possibles et Arthur Bauchet, lui, malgré une dense concurrence, ramène trois fois l’or et deux fois l’argent. Ils ont su rester sur la dynamique des Jeux Paralympiques, ce qui n’est jamais facile. Et nos jeunes sont loin d’être ridicules. Cela apporte un peu de fraîcheur et une nouvelle dynamique. Et il y a derrière quelques jeunes pousses que l’on essaie d’amener au plus haut niveau, avec nos stages jeunes, les circuits de coupe de France…

En ski nordique, Benjamin Daviet, quintuple médaillé d’or également, a surclassé la concurrence. Vous attendiez-vous à une telle domination de sa part ?

Au-delà des médailles, on regarde surtout comment sont faites les courses et les manches. Au fond de nous-mêmes, on espérait cela. Mais il faut bien comprendre que notre objectif n’est pas la conquête des médailles mais bien de permettre à chaque skieur de pouvoir s’exprimer pleinement lors des épreuves majeures. Pour en revenir à Benjamin, cela fait deux ou trois qu’il ne cesse de progresser pour approcher les sommets mondiaux. Là, il les a atteints et il a vraiment assumé son rôle pleinement. Quant au relais, qu’ils n’ont couru qu’à deux, avec Anthony (Chalençon), ils sont passés à dix secondes du sacre (derrière la Norvège), par manque de fraîcheur, logique, dans le dernier tour.

Quand on ajoute les deux médailles de bronze d’Anthony Chalençon et de son guide Simon Valverde, les leaders français confirment qu’ils ne sont pas là par hasard ?

Exactement. Anthony Chalençon fait deux belles médailles et il en loupe quelques-unes faute de rigueur parfois au tir (sur le biathlon). La progression en ski nordique est, en général, un peu plus lente mais ils sont dans le bon wagon. Après, la différence avec l’alpin se situe au niveau de la relève. En ski nordique, on est un peu plus faible. Thomas Dubois est là mais il manque encore un peu de maturité pour s’exprimer pleinement. Il y a encore du travail à effectuer avec lui. Après, nous avons deux jeunes de 2000 et 2002 qui arrivent. Mais le ski nordique est un travail de construction de longue haleine. Benjamin Daviet, dont le handicap reste assez léger, a mis set ou huit ans pour être parmi les meilleurs. // Julien Soyer

 

LES MONDIAUX EN IMAGES

© Kelly Bergman - BergMedia

         

World Para Alpine Skiing World Championships 2019

 

Autres articles sur ce thème : Actualité / Ski
PARTAGER Envoyer par Email Partager sur Twitter Partager sur Facebook
haut de page