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Ludivine Munos : « Le lendemain des Jeux, j’ai commencé le travail »

18 mars 2020
Avec 12 médailles paralympiques, Ludivine Munos a eu une carrière auréolée de succès. Elle est aujourd’hui DRH chez EDF et reste très investie dans le monde de la natation. Portrait.

Pendant les Jeux Paralympiques de Tokyo 2020, Ludivine Munos (née Loiseau) aura 40 ans. 2020 marquera également les seize ans de sa retraite sportive.
 
Amputée d’une jambe et d’un bras à la naissance, Ludivine Munos commence la natation en 6e, sur proposition de son prothésiste. À 12 ans, elle devient championne de France, quelques mois après avoir vu ses idoles briller aux Jeux de Barcelone, en 1992. « Tout s’est enchainé très facilement, je suis montée en puissance doucement », jusqu’à ses premiers Jeux, à Atlanta, en 1996. Après une disqualification sur le 50m papillon, elle prend sa revanche, en remportant, à l’âge de 15 ans, son premier titre paralympique du 50m nage libre.
 
Huit ans plus tard, à Athènes, Ludivine Munos quitte définitivement le haut niveau. Avec autour du coup, douze médailles paralympiques, dont trois titres en autant de participations. À 24 ans, elle estime alors « avoir atteint un maximum de performances ». « J’ai préféré arrêter au sommet de ma carrière. Je ne voulais pas faire les Jeux de trop », explique aujourd’hui l’ex-nageuse.
 
Le lendemain de son retour des Jeux, elle démarre une carrière de fiscaliste chez EDF dans le sud de la France, à Marseille. « J’avais tellement peur du coup de blues d’après-Jeux que j’ai préféré commencer à travailler tout de suite », se rappelle celle qui est désormais DRH dans une filiale du groupe.

 

Toujours impliquée dans le monde de la natation

Ludivine Munos n’a jamais vraiment quitté la natation.  Vice-présidente de son club local de Voreppe en Isère (le cercle des nageurs de Voreppe), elle souhaite y développer, dans le futur, une section handisport.
 
En 2016, elle est embauchée comme consultante natation pour France Télévisions pendant les Jeux Paralympiques de Rio. « C’était génial. Mais c’était une expérience difficile, de se challenger quant à sa capacité à parler aux français, à rendre les catégories accessibles… ». L’année d’après, elle est rappelée pour commenter les championnats du monde valides de natation, aux côtés de Florent Manaudou. « J’en ai pris plein les yeux », raconte-t-elle avec le sourire dans la voix. « J’ai trouvé ça grandiose qu’on me donne cette opportunité, sans mettre mon handicap en valeur. »

 

« J’ai de l’espoir pour Paris 2024 »

Ludivine Munos a vu le handisport se démocratiser au fil des années. Après ses premiers Jeux,  le Paralympisme est très peu connu. En 1999, elle participe à Fort Boyard. Quand elle propose d’enlever sa prothèse pour la remplir de Boyards, on lui refuse. « Aujourd’hui ça ne poserait aucun problème », se réjouit-elle. Désormais, « on a de vrais professionnels du sport, on peut médiatiser le handicap ». « J’ai beaucoup d’espoir pour Paris 2024. »

Elle souhaite montrer au plus grand nombre qu’on peut « avoir une vie comme les autres. Je fais du ski et du patin à glace avec mes deux enfants. Je vais moins vite, mais c’est possible. » Ludivine Munos continue de faire des interventions, dans des écoles ou des entreprises, afin de vulgariser le handicap, mais surtout, pour motiver la population à se bouger. « Les enfants ont tendance à arrêter le sport après le primaire, il faut les amener à continuer. »
 
Rédaction : S. Chauvet
 
 


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